Apnée du sommeil : c’est quoi ?

Le 29 mars 2018 - Par Vanessa Bernard

Si elle est très courante, l’apnée du sommeil reste encore peu connue, et pourtant, un adulte sur cinq souffre d’un syndrome d’apnée obstructive du sommeil. Non traitée, l’apnée peut être responsable de nombreuses maladies, d’accidents… et de décès prématurés.

Les apnées du sommeil sont dues à des arrêts répétés de la respiration au cours du sommeil (durant de dix secondes à 45 secondes, voire une minute). Ils sont dus à un rétrécissement des voies respiratoires : lorsque l’on dort, le tonus musculaire diminue autour de la gorge, au moment de l’inspiration, les voies aériennes s’écrasent et la respiration s’interrompt. Ce n’est pas dangereux : nous avons tout un système d’alertes cérébrales qui nous réveille et nous recommençons alors à respirer. Mais ces micro-éveils engendrent un sommeil fragmenté. Même sans s’en rendre compte, le sommeil est beaucoup moins récupérateur.

Ce n’est pas dangereux : nous avons tout un système d’alertes cérébrales qui nous réveille et nous recommençons alors à respirer

Les symptômes de l’apnée du sommeil

La pathologie se manifeste le plus souvent par un (ou plusieurs) des symptômes suivants : un ronflement souvent bruyant, qui se répète toutes les nuits et dure toute la nuit ou presque ; une impression dès le réveil de ne pas être assez bien reposé associé à une tendance à s’endormir (en lisant, en regardant un film, au volant…) ; du surpoids ; de l’hypertension artérielle ; des troubles de la mémoire, de l’attention et du caractère ; une baisse de la libido ; un besoin d’aller aux toilettes la nuit. L’ensemble constitue un handicap important pour l’activité professionnelle, mais aussi pour la vie sociale, conjugale et familiale.

L’ensemble constitue un handicap important pour l’activité professionnelle, mais aussi pour la vie sociale, conjugale et familiale

À long terme, la maladie a des répercussions en particulier sur le système cardio-vasculaire. Ainsi, le risque d’infarctus et d’attaque cérébrale est plus élevé chez les personnes qui ont un syndrome d’apnée du sommeil.

La prise en charge de l’apnée du sommeil

Le Dr Joëlle Adrien est neurobiologiste, directeur de recherches à l’Inserm, mais aussi présidente de l’Institut National du Sommeil et de la Vigilance, elle explique : « Le signal d’alerte est souvent tiré par le conjoint, qui repère le bruit caractéristique émis par la personne atteinte au moment de la reprise de la respiration. L’autre signe qui permet de repérer cette pathologie, c’est la somnolence en pleine journée sans raison particulière. » Pour résoudre ce problème mécanique, il existe deux dispositifs. « Le premier est l’orthèse d’avancée mandibulaire, un appareil dentaire qui force la mâchoire à avancer pour garder les voies aériennes ouvertes. Le second, pour les cas sévères, est un masque, relié à une pompe qui insuffle de l’air dans la gorge en permanence. » Vous êtes concerné ? Pas de panique : « Une fois diagnostiquée, l’apnée du sommeil se soigne bien ! », conclut Joëlle Adrien.

 

LE SOMMEIL EN CHIFFRES*

  • Temps de sommeil moyen des 15-85 ans : 7h13
  • L’insomnie chronique affecte 15,8 % des 15-85 ans (19,3 % des femmes et 11,9 % des hommes)
  • Conséquence d’un temps de sommeil insuffisant, la somnolence diurne affecte 7 % de la population avec des conséquences directes sur la santé publique
  • Un décès sur trois sur la route est ainsi lié à un endormissement au volant
  • 5 à 7 % de la population générale souffre d’apnée du sommeil (et 15 % après 70 ans)
  • 8,4 % présentent un syndrome des jambes sans repos, dont 2 % de formes sévères et très sévères.

 

*Selon le Baromètre santé 2010 de l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes).

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