La pilule est-elle déprimante ?

Le 8 novembre 2016 - Par Vanessa Bernard

Les femmes sont deux fois plus souvent touchées par la dépression que les hommes. La pilule serait-elle la cause de ce déséquilibre entre les sexes ?

Les hormones sont les transporteurs du corps : ils transmettent les messages du cerveau vers les organes qui contrôlent les processus métaboliques – et influencent la psyché. Cela vaut non seulement pour les hormones de l’humeur telles que la sérotonine et la dopamine, mais aussi pour les hormones sexuelles. De nombreuses femmes remarquent que leur humeur change peu avant l’ovulation, et s’affolent carrément lorsque la menstruation est immindéprimeente. 

Il n’est donc pas absurde d’envisager une corrélation contraception-humeur. Une étude danoise a révélé que les femmes qui prennent la pilule, peuvent avoir un risque significativement plus élevé de développer une dépression. Des chercheurs de l’Université de Copenhague ont analysé les données de plus d’un million de femmes âgées entre 15 et 34 ans. L’étude démontre ainsi que par rapport aux femmes qui n’utilisent pas de contraception hormonale, celles prenant une pilule combinant progestatif et œstrogène, sont 20% à être plus susceptibles de souffrir de dépression. Une pilule progestative accroît ce risque de 30%, et un anneau vaginal, jusqu’à 60% ! Et chez les femmes utilisant des patchs hormonaux contraceptifs, le risque serait doublé.

Les jeunes femmes sont particulièrement exposées

Le risque serait particulièrement accru chez les 15 – 19 ans. «Les femmes de cet âge sont particulièrement vulnérables aux facteurs de risque de la dépression », explique ainsi la directrice de l’étude Charlotte Wessel Skovlund de l’Université de Copenhague. A la puberté, en particulier de nombreux troubles mentaux émergent. Un ado sur dix développe de l’anxiété, un comportement social inhabituel ou même une dépression. Et chez les filles, c’est deux fois plus souvent que chez les garçons !

Une instabilité mentale normale à la puberté : évolution du corps, passage à l’âge adulte, développement de l’identité… Mais le problème est que les symptômes de la dépression sont souvent interprétés chez les adolescents comme le comportement typique de la puberté. Or, il est important de les traiter de façon neutre : « Les femmes et plus particulièrement les plus jeunes, doivent être conscientes que la dépression peut être un effet secondaire des contraceptifs hormonaux ».  Selon la spécialiste, arrêter la pilule, quand une dépression se produit, pourrait alors également être une mesure efficace contre ces bouleversements émotionnels.

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