Paludisme : bilan de la Journée mondiale

Le 27 avril 2017 - Par Vanessa Bernard

Mercredi s’est déroulée la Journée mondiale de lutte contre le paludisme. A cette occasion, l’OMS émet un bilan contrasté. Explications.

Lors d’une manifestation organisée à Nairobi à la veille de la, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a appelé aujourd’hui à accroître les efforts visant à prévenir le paludisme et à sauver des vies.

Des progrès accomplis au niveau mondial

Selon le Rapport sur le paludisme dans le monde de 2016, le nombre de cas a baissé de 21% entre 2010 et 2015 et celui des décès de 29% sur la même période de 5 ans. En Afrique subsaharienne, l’incidence de la maladie et le taux de mortalité ont baissé, respectivement de 21% et de 31%.

D’autres régions ont beaucoup progressé en matière de lutte contre le paludisme, toutefois la maladie demeure une grave menace pour la santé publique. En 2015, elle a ainsi été responsable de 429 000 décès dans le monde tandis que 212 millions de nouveaux cas étaient dénombrés. Un enfant mourait du paludisme toute les deux minutes.
«Tout décès imputable au paludisme, maladie qu’il est possible d’éviter ou de traiter, est simplement inacceptable», a ainsi indiqué le Dr Pedro Alonso, Directeur du Programme mondial de lutte antipaludique à l’OMS. «Aujourd’hui, nous invitons instamment les pays et les partenaires à accélérer le rythme de l’action, en particulier dans les pays à revenu faible où la charge du paludisme est élevée.»

«Aujourd’hui, nous invitons instamment les pays et les partenaires à accélérer le rythme de l’action, en particulier dans les pays à revenu faible où la charge du paludisme est élevée.» Dr Pedro Alonso, Directeur du Programme mondial de lutte antipaludique à l’OMS

Des retards encore à combler

Le dernier rapport de l’OMS met en lumière les principales lacunes en matière de couverture par la prévention, en particulier en Afrique subsaharienne. On estime qu’en 2015, 43% des personnes exposées au risque dans la région n’étaient pas protégées par les moustiquaires ou les pulvérisations d’insecticide à l’intérieur des habitations. Environ 69% des femmes enceintes dans 20 pays africains n’avaient pas accès aux 3 doses au moins recommandées par l’OMS pour le traitement préventif.

Si certaines approches de prévention ciblées ont été adoptées par des pays en tant que politique, leur mise en œuvre effective a été lente. Par exemple, seule la Sierra Leone utilise actuellement le traitement préventif pour les nourrissons, lequel est non seulement sûr et rentable, mais aussi accepté par les agents de santé et les communautés.

Seule la Sierra Leone utilise actuellement le traitement préventif pour les nourrissons, lequel est non seulement sûr et rentable, mais aussi accepté par les agents de santé et les communautés.

Dans la région du Sahel, où la plupart des cas de paludisme et de décès dus à la maladie chez les enfants surviennent pendant la saison des pluies, l’OMS recommande la chimioprévention du paludisme saisonnier, un traitement préventif qui a donné la preuve de son efficacité en permettant de réduire d’environ 75% les nouveaux cas de paludisme sévère chez le jeune enfant.

En 2015, 10 pays (Burkina Faso, Gambie, Guinée, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Nigéria, Sénégal, Tchad et Togo) ont adopté la chimioprévention du paludisme saisonnier et ont commencé à la mettre en œuvre.

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