Carence en fer : 30% à 50% des patients insuffisants cardiaques en souffrent

Le 14 mai 2017 - Par Vanessa Bernard

Fatigue, perte de cheveux, baisse des performances intellectuelles et de la productivité, fatigabilité à l’effort… Ces symptômes ne sont pas à prendre à la légère et peuvent être le signe d’une carence en fer (ou carence martiale).

Le fer est en effet un oligoélément indispensable au bon fonctionnement des muscles, du cerveau mais également du cœur. Les dernières recommandations de l’European Society of Cardiology (ESC) révèlent que la carence en fer est reconnue comme une comorbidité fréquente de l’insuffisance cardiaque. Il est donc recommandé de la dépister, de la diagnostiquer et de la traiter afin d’améliorer la qualité de vie des patients. En effet, 50% d’entre eux souffrent d’une carence en fer non diagnostiquée.

Une surveillance accrue de la carence en fer chez les insuffisants cardiaques

L’insuffisance cardiaque, maladie grave et fréquente, est la troisième cause de mortalité cardiovasculaire, derrière les accidents vasculaires cérébraux et les infarctus du myocarde. Plus de 200 000 personnes sont hospitalisées chaque année, en France, à cause d’une insuffisance cardiaque. Les principaux signes de cette maladie sont un essoufflement au repos ou à l’effort, des difficultés respiratoires en position couchée, une fatigue, des difficultés à réaliser les activités quotidiennes, une accélération du rythme cardiaque et/ou du rythme respiratoire, la survenue d’œdèmes. La carence en fer est une comorbidité reconnue et fréquente de l’insuffisance cardiaque. Dépistée, elle est présente chez 30% à 50% des patients. « La carence en fer contribue à l’aggravation de l’insuffisance cardiaque, notamment des symptômes avec une diminution de la capacité d’effort. Les dernières recommandations européennes de la prise en charge de l’insuffisance cardiaque préconisent donc le dépistage systématique de la carence en fer chez tous les insuffisants cardiaques », indique le Dr Pascal de Groote, responsable du service Cardiologie au CHRU de Lille.

Un dépistage et un diagnostic précoces pour une prise en charge adaptée et une amélioration de la qualité de vie

Pour diagnostiquer une carence en fer, une simple prise de sang est nécessaire afin de mesurer deux paramètres biologiques : la ferritine, protéine permettant le stockage du fer, et le coefficient de saturation de la transferrine, protéine participant au transport du fer dans l’organisme. La mesure du taux d’hémoglobine – protéine présente dans les globules rouges – permet également de mettre au jour une potentielle anémie. Pour toutes les personnes nouvellement diagnostiquées pour une insuffisance cardiaque, le dépistage et le diagnostic de la carence en fer sont recommandés. « Le dépistage de la carence en fer est extrêmement simple. Il consiste, par une prise de sang, à doser deux composantes biologiques, la ferritine et la transferrine », explique le Dr Pascal de Groote. « Le fer participe à beaucoup de fonctions dans l’organisme et sa carence les perturbe significativement. En prenant en charge cette carence par un apport en fer, le fonctionnement des organes concernés est rétabli. Nous observons chez les insuffisants cardiaques une diminution des symptômes et une amélioration significative de leur qualité de vie. »

Les signes de carence en fer qui doivent alerter

« La perte en fer peut être liée à plusieurs facteurs : une dénutrition ou un moindre apport alimentaire en fer, une mauvaise absorption du fer par le système digestif, une inflammation générale ou des saignements liés à des règles abondantes, à la prise d’anticoagulants ou d’antiplaquettaires, à des ulcères ou des polypes », affirme le Dr Pascal de Groote. La carence en fer se manifeste par certains symptômes à prendre au sérieux : la baisse des performances intellectuelles et de la productivité, une fatigabilité à l’effort, une augmentation de la susceptibilité aux infections, une perte de cheveux, une fatigue générale. Cette carence en fer peut conduire dans certains cas à une anémie, à savoir une diminution du nombre de globules rouges.

Outre les symptômes classiques de l’anémie dont la fatigue, ceux dus à une carence en fer peuvent se manifester par une modification de l’état des cheveux, des ongles avec l’apparition de mycoses, une pilosité anormalement élevée ou encore une modification du goût. « La carence en fer ne présente pas vraiment de symptômes spécifiques mais les personnes souffrant de pertes de sang, de maladies chroniques ou de pathologies cardiaques telles que l’insuffisance cardiaque, la présence d’une fatigue persistante, d’un manque d’entrain…, doivent en parler à leur médecin pour pratiquer un dépistage de la carence en fer », insiste le cardiologue Pascal de Groote.

Le fer, un oligoélément indispensable au bon fonctionnement de l’organisme

Le fer est un minéral qui joue un rôle essentiel dans l’équilibre de l’organisme. En effet, il participe à la fabrication de l’hémoglobine (protéine présente dans les globules rouges qui permet de transporter l’oxygène dans le corps) et de la myoglobine (protéine du muscle permettant de stocker l’oxygène) ainsi qu’à la production de l’ATP (Adénosine TriPhosphate), source première de l’énergie de l’organisme. L’INPES rappelle que la carence en fer est actuellement la plus fréquente des carences nutritionnelles en France. Elle concerne 20% à 30% des enfants au cours des trois premières années de vie, les jeunes filles adolescentes (15-19 ans) et les femmes enceintes. 50% d’entre elles présenteraient une anémie due à une carence en fer après la 25ème semaine d’aménorrhée.

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