Syndrome du bébé secoué : une maltraitance trop méconnue

Le 1 octobre 2017 - Par La rédaction avec l'AFP

La Haute Autorité de Santé (HAS) a actualisé vendredi dernier ses recommandations aux médecins pour mieux repérer et prendre en charge les enfants victimes du syndrome du bébé secoué, une forme mal connue de maltraitance dont les conséquences peuvent pourtant être dramatiques.

Le syndrome du bébé secoué survient lorsqu’un adulte secoue un nourrissongénéralement par exaspération, colère ou épuisement face à des pleurs qu’il ne supporte plus. L’organisme, qui avait déjà alerté sur ce phénomène en 2011, évoquait alors des symptômes « pas spécifiques », qui rendaient difficile d’établir un diagnostic certain. Mais grâce à l’avancée des connaissances scientifiques ces dernières années, les professionnels de santé peuvent désormais « poser un diagnostic clair », souligne la HAS« Le diagnostic de secouement est davantage documenté devant des symptômes neurologiques tels que certains types précis d’hématomes sous-duraux (HSD) et d’hémorragies rétiniennes (HR) », qui peuvent être confirmés par « une imagerie cérébrale (scanner en urgence puis IRM) et un examen du fond d’oeil », détaille-t-elle.

Bébé secoué : le rôle clé des médecins

En cas de suspicion, l’enfant « doit bénéficier d’une hospitalisation en soins intensifs pédiatriques » et le professionnel de santé doit « effectuer impérativement un signalement au procureur de la République afin de protéger l’enfant ». Avec ces nouvelles recommandations, l’objectif de la HAS est de permettre aux médecins, qui « occupent un rôle clé », de mieux connaître ce syndrome, de le repérer plus facilement et d’éviter les récidives – qui surviennent dans plus de la moitié des cas. Il s’agit aussi de faire de la prévention, en incitant les professionnels de santé à informer systématiquement tous les parents au moment de la
naissance sur la gravité de ce geste et sur les moyens de l’éviter.

Des séquelles à vie

Au moins 200 syndromes de bébé secoué se produiraient chaque année en France, un chiffre fortement sous-estimé, selon la HAS. Parmi les enfants concernés, 10% à 40% en meurent, les autres conservant des séquelles à vie : difficultés d’apprentissage, épilepsie, troubles visuels, paralysie… Dans la majorité des cas, il s’agit de bébés de moins de six mois, plus souvent des garçons. L’adulte responsable peut être un parent ou toute autre personne amenée à garder l’enfant (beau-parent, nourrice, baby-sitter…).

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