Suicide : savoir repérer les signes

Le 5 février 2018 - Par Vanessa Bernard

Chaque année dans le monde, le suicide est à l’origine de plus de 800 000 décès soit un mort toutes les 40 secondes. A l’occasion de la Journée nationale de prévention du suicide, apprenons à repérer les signes.

Chaque année, en France, 10 500 personnes se donnent la mort. De la pré-adolescence aux âges les plus avancés, le suicide concerne tout le monde même si deux catégories sont plus particulièrement représentées : les hommes et les seniors. Dans 75% des cas, en effet, le suicide est un phénomène masculin…

Plus de 200 000 tentatives de suicide (TS) par an

Plus inquiétant encore peut-être, plus de 200 000 tentatives de suicides sont prises en charge chaque année par les Urgences. Selon l’Observatoire national du suicide, là encore, certaines personnes sont plus particulièrement vulnérables. Parmi elles, essentiellement des jeunes filles entre 15 et 20 ans et dans une moindre mesure des femmes âgées de 40 à 50 ans.

Dans 75% des cas, en effet, le suicide est un phénomène masculin…

Suicides : jeunes en danger ?

Il faut savoir, en effet, que chez les jeunes de 15 à 29 ans, le suicide constitue la deuxième cause de mortalité à l’échelle mondiale, d’après l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Une grande enquête, coordonnée par l’unité de recherche Inserm « Santé mentale et santé publique », menée en 2013 montre même que les tentatives de suicide semblent être plus fréquentes qu’auparavant : 7,8% des jeunes en ont déjà effectué une (contre 6,5% en 1993) et 3,7%, plus d’une. D’ailleurs, en janvier 2017, SOS amitié tirait la sonnette d’alarme, lançant alors l’alerte quant à l’augmentation des idées de suicide parmi les appelants de sa ligne d’écoute, notamment chez les jeunes fréquentant « de plus en plus la plateforme internet de SOS. »

Plus de 200 000 tentatives de suicides sont prises en charge chaque année par les Urgences

La santé mentale en question

En France, 1 personne sur 5 risque de connaître un trouble psychique au cours de sa vie (dépression, anxiété, addiction, trouble alimentaire, trouble schizophrénique, trouble bipolaire…). Ainsi, après le cancer et les maladies cardio-vasculaires, ces troubles psychiques se situent au 3e rang des maladies les plus fréquentes. Sans distinction d’âge, de sexe ou de milieu social, les troubles psychiques et les épisodes de souffrance psychique concernent finalement le plus grand nombre et peuvent conduire tant à des épisodes dépressifs qu’à un risque suicidaire élevé.

Comment prévenir la crise suicidaire ?

Oui, mais alors, comment repérer la crise suicidaire pour éviter le pire, c’est-à-dire le passage à l’acte et le risque de mort ? Phénomène multifactoriel, le suicide est aussi extrêmement complexe pouvant impliquer différents facteurs interagissant les uns avec les autres. Pour autant, trois types de facteurs de risque peuvent mis en lumière. Il y a  ceux dit « primaires » associés à des troubles psychiatriques, la dépression en tête, mais aussi à des antécédents personnels et familiaux de suicide, ou encore à la communication d’une intention suicidaire ou à une impulsivité.

La verbalisation de l’idée est à prendre en considération d’autant plus si elle est émise par une personne en état de grand malaise, fatiguée, anxieuse, triste, irritable voire agressive

On parle aussi de facteurs dits « secondaires » : la perte précoce d’un parent, l’isolement social, le chômage, les difficultés financières et professionnelles, des événements de vie négatifs. S’ils n’ont qu’une faible valeur prédictive d’un suicide, en revanche quand ils sont liés aux facteurs primaires, ils peuvent être une alerte. Enfin, les facteurs tertiaires viennent s’ajouter : être un homme, être jeune ou au contraire, appartenir à la catégorie des seniors.

Savoir repérer les signes

La verbalisation de l’idée est à prendre en considération d’autant plus si elle est émise par une personne en état de grand malaise, fatiguée, anxieuse, triste, irritable voire agressive. La perte d’appétit ou la boulimie, les troubles du sommeil, la perte du goût des choses, un sentiment d’échec et d’inutilité, une mauvaise image de soi qui s’accompagne de dévalorisation, mais aussi des troubles de la mémoire, une appétence alcoolique et tabagique peuvent être des signes forts.

Et chez les enfants ?

Chez les plus jeunes à savoir les enfants et les adolescents, il est des signaux plus spécifiques. Ainsi, une fugue, des scarifications, le décrochage scolaire, la survenue d’épisodes violents, mais aussi des troubles alimentaires graves, des signes de dépendance, de l’irritabilité, de la nervosité, de l’anxiété, un repli sur soi constaté sont à prendre en considération. Or, du fait d’un manque de connaissances, d’un manque de tact, d’un sujet mal apprivoisé aussi, apparaît que l’entourage est susceptible d’aggraver involontairement l’état de l’enfant. D’où l’importance de porter une grande attention aux comportements inhabituels, aux chagrins qui durent, d’entamer le dialogue.

Pour chaque décès par suicide, on estime que 26 personnes sont directement ou indirectement endeuillées, soit environ 300 000 personnes chaque année

D’où l’importance d’être à l’écoute…

Si pris isolément, ces premiers signes ne sont dans leur majorité ni spécifiques ni exceptionnels, leur regroupement ou leur survenue inhabituelle (une agressivité méconnue chez la personne, par exemple) doivent alerter l’entourage. Oui, mais alors que faire ? L’écoute et la bienveillance sont évidemment indispensables, sans oublier, non plus d’en référer à son médecin traitant, et/ou à un spécialiste en psychiatrie ou un psychologue. Les Centres médico-psychologiques (CMP) de secteur peuvent aussi vous venir en aide ainsi que des associations spécialisées pour une nécessaire prise en charge.

Pour chaque décès par suicide, on estime que 26 personnes sont directement ou indirectement endeuillées, soit environ 300 000 personnes chaque année, auxquelles il faut ajouter les 3 750 000 personnes touchées par la tentative de suicide d’un proche.

Les associations à votre écoute :

SOS Amitié :
Permanence d’écoute téléphonique 24h/24, 7j/7
Permanence d’écoute par tchat tous les soirs de 19 h à 23 h ou par mail (réponse sous 48h maximum).
Tél. : 01 42 96 26 26 (Ile-de-France)
www.sos-amitie.org

Suicide Ecoute :
Permanence d’écoute téléphonique 24h/24, 7j/7
Tél. : 01 45 39 40 00
www.suicide-ecoute.fr

SOS Suicide Phénix :
Permanence d’écoute téléphonique 7j/7
Permanence d’écoute par messagerie accessible depuis le site internet de l’association.
Ligne nationale : 0 825 12 03 64 (de 16 h à 23 h)
Ligne Ile-de-France : 01 40 44 46 45 (de 12h à minuit)
www.sos-suicide-phenix.org

Fil Santé Jeunes :
Ligne d’écoute téléphonique anonyme et gratuite 7j/7, de 8h à minuit
Tél : 32 24 ou 01 44 93 30 74 (depuis un portable) 
www.filsantejeunes.com

Phare Enfants – Parents :
Ligne d’écoute : 01 43 46 00 62 (du lundi au vendredi de 10h à 17h).
Service d’écoute par messagerie à l’adresse : cavaoupas@phare.org
www.phare.org

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