Sexualité : que font les seniors sous la couette ?

Le 14 février 2018 - Par Vanessa Bernard

Saviez-vous que 50% de nos aînés ont une sexualité aussi intense que du temps de leur « jeunesse ». Mieux 13% déclarent même que leur libido a augmenté. Alors, ça se passe comment sous la couette des seniors ?

Si certains seniors font le deuil de cet aspect de leur vie, c’est loin d’être une généralité. On dit même que pour certains, le plaisir sexuel s’améliore après 60 ans. Pour autant, avec l’âge peuvent toutefois se manifester certaines gènes et complexités. Chez la femme, par exemple, la sécheresse vaginale peut être un frein à une sexualité complètement épanouie tandis que chez ces messieurs, des troubles de l’érection peuvent apparaître. Si ces phénomènes sont normaux et logiques, reste qu’ils peuvent entacher l’intimité s’ils ne sont pas traités, mais aussi conduire à des angoisses, un mal-être, une perte de confiance en soi.

Sexualité des seniors : venir à bout de ces “petits maux”

Car oui, des traitements médicaux sont là pour combler ce genre de « lacunes » liées á l’âge, et éviter que les personnes sexuellement « actives » ne se sentent diminuées face à un corps qui ne répond plus aussi bien qu’à une époque à peine plus lointaine pourtant. Oui, mais alors, quand on vieillit, outre ces nouvelles réactions physiologiques malvenues, notre sexualité change-t-elle ? Apparaît qu’avec l’âge, en effet, les rapports intimes peuvent se transformer, non pas pour être moins « bien », mais plutôt pour être plus « sereins », comme si vieillir permettait de retrouver une sorte de sagesse et en définitive, de gagner en liberté au lit. Exit alors la pression de la performance pour ces messieurs et l’angoisse de la maternité ou de la « reproduction », pour ces dames. Place alors à l’unique raison de faire l’amour : le plaisir. On dit d’ailleurs que chez les seniors, l’imaginaire est davantage stimulé étant donné que la relation sexuelle n’est plus parasitée par des pressions extérieures.

 Apparaît qu’avec l’âge, en effet, les rapports intimes peuvent se transformer, non pas pour être moins « bien », mais plutôt pour être plus « sereins »

Santé et sexe chez les séniors : les effets de la ménopause

Niveau santé, chez la femme, l’activité sexuelle est bienfaitrice. En effet, les femmes satisfaites sexuellement présentent un risque d’hypertension réduit, dit-on. Le phénomène pourrait s’expliquer par le fait que les hormones sexuelles libérées lors de l’orgasme a des effets positifs sur l’organisme. Mais voilà qu’au moment de la ménopause, véritable période de transition chez la femme, la sexualité interroge. En effet, la ménopause, qu’elle soit naturelle ou même provoquée, entraîne irrémédiablement des changements physiques et psychiques.

Bouffées de chaleur, variations de l’émotion, absence de règles, réduction de la quantité des poils pubiens : les conséquences de cette chute de production d’hormones sont diverses et variées et plus ou moins bien ressenties selon les femmes. Pour autant, il faut savoir que la perte du désir sexuel n’est pas un symptôme de ménopause mais bien celui d’une dépression engendrée par ce changement physiologique radical. Or, quelle que soit la tranche d’âge à laquelle on appartient, le sexe ne se traduit pas uniquement par une stimulation des organes génitaux mais bien par plusieurs aspects physiques et psychologiques. Ainsi, à cette période venue, il est indispensable de garder une bonne estime de soi pour conserver une bonne santé sexuelle. Ménopause ne rime pas avec arrêt des rapports intimes. Mesdames, n’hésitez pas à en parler à votre médecin.

L’activité sexuelle est considérée, selon les scientifiques et professionnels, comme favorable à la santé du coeur. Elle permet ainsi la production des hormones dites du « plaisir », à savoir la dopamine et les endorphines.

Faire l’amour c’est bon pour la santé !

Car faire, l’amour, on l’a vu, c’est bon pour la santé. D’ailleurs, la Fédération Française de Cardiologie le dit ! Selon elle, pour ses effets relaxant, antidépresseur, antidouleur, l’activité sexuelle est considérée, selon les scientifiques et professionnels, comme favorable à la santé du coeur. Elle permet ainsi la production des hormones dites du « plaisir », à savoir la dopamine et les endorphines. On dit aussi qu’un rapport sexuel représente un effort physique d’intensité modérée, comparable à l’énergie dépensée pour monter deux étages à bonne allure. Voilà du vrai sport plaisir qui participe aussi à éliminer les toxines, à augmenter le rythme cardiaque, à activer la circulation sanguine et à muscler le cœur.

Et les cardiaques alors ?

Aux patients atteints de maladies cardio-vasculaires, l’association rappelle ainsi qu’ils peuvent généralement poursuivre une sexualité régulière et profiter de son effet protecteur sur le cœur (1). En effet, le risque d’un événement au cours d’un ébat est faible et ne doit pas, dans la très grande majorité des cas, conduire à une restriction. Certes, l’accident cardio-vasculaire marque un tournant évolutif dans la vie sexuelle d’un patient et peut avoir un impact à la fois psychologique (peur de la récidive, maternage du conjoint, etc.) et physique (effet vasodilatateur des traitements, fatigue, etc.), pour autant, et encore une fois, il est important d’aborder le sujet avec son cardiologue très rapidement pour se rassurer et ajuster de façon individuelle le choix du traitement et la conduite à tenir.

Retenons aussi que chez les hommes ayant des facteurs de risque (tabac, cholestérol, diabète, hypertension artérielle…), les troubles de l’érection peuvent être le signe précurseur d’une maladie cardio-vasculaire. N’hésitez donc pas à en parler à votre médecin pour faire un bilan adapté (2). Enfin, sachons aussi quand même que les stimulants sexuels pourraient également être à l’origine d’hypertension chez les hommes. Attention donc aux petites pilules miracles.

 85% déclarent avoir entre 1 et 5 rapports sexuels par mois avec, parmi eux, 42% dépassant les 5 câlins mensuels !

Stimulants ou pas ?

D’ailleurs, 74% des seniors disent ne pas recourir au viagra (qui doit faire l’objet d’une prescription médicale), dont ils craignent les effets éventuellement néfastes sur la santé. En revanche, ils n’ont rien contre le fait de pimenter leurs ébats avec des sex-toys ou encore de la lingerie sexy… Ainsi, un sondage IFOP 2017 fait état que 51% des femmes entre 35 et 69 ans avouent y recourir quand elles sont 43% chez les 60 ans et plus… L’enquête dévoile, en outre que presque un homme sur deux de 60 ans et plus a déjà utilisé un sexto dans sa vie (47%) et le chiffre reste équivalent pour la tranche d’âge inférieure de 50-59 ans (46%). L’impact de ces « jouets » érotiques sur la vie sexuelle tiendrait surtout au fait qu’ils renforcent le côté ludique des rapports et la production d’orgasme.

Fréquence des rapports sexuels chez les seniors

Selon une enquête réalisée en 2015 par le site place-des-seniors.fr, 50% de nos aînés  (parmi les 500 personnes interrogées) affirment avoir une libido identique à celle de leurs jeunes années, et pour 13% d’entre eux, plus forte même ! Côté fréquence de la « bagatelle » : 85% déclarent avoir entre 1 et 5 rapports sexuels par mois avec, parmi eux, 42% dépassant les 5 câlins mensuels ! Oui, mais alors quand font-ils l’amour ? Sans contraintes d’enfants, sans risques de se faire « surprendre », quel est le moment privilégié pour se retrouver à deux ? Selon le même sondage, nos aînés sont au choix du matin ou du soir puisqu’ils affirment à 80% que le réveil ou le coucher sont encore les  périodes les plus propices à des ébats sous la couette.

Chacun fait ce qui lui plaît !

Grâce aux sites en lignes et autres applications mobiles, les 60 ans et plus ont aujourd’hui la possibilité de faire des rencontres plus facilement. De même, l’arrivée des nouvelles technologies leur permet aussi, d’une certaine façon, de repenser leur quête du plaisir et peut parfois les amener vers de nouvelles pratiques sexuelles. En matière de sexualité qu’on parle de seniors ou pas d’ailleurs, on peut en conclure qu’il est autant de façons de la pratiquer (ou pas) que de couples. De la douceur paisible du renoncement pour certains à la fougue retrouvée de leur jeunesse pour d’autres, en passant par une intimité repensée chez les partenaires de toujours, l’avancée en âge n’est de toute façon pas synonyme de mort du plaisir et de la libido.

1 – Sexual activity and cardiovascular disease: a scientific statement from the American Heart Association. Circulation. 2012 Feb 28

2 – Management of erectile dysfunction in hypertension: Tips and tricks. World Journal of Cardiology 2014 September 26