Sciences : la greffe de cellules souche contre l’impuissance ?

Le 12 février 2016 - Par Manon Costantini

Un essai clinique dirigé par le professeur René Yiou du service d’urologie de l’hôpital universitaire Henri-Mondor à Créteil, a été mené pour « réparer les lésions cellulaires péniennes », autrement dit, faire de l’impuissance une séquelle exceptionnelle et non plus fréquente après un cancer de la prostate. 

Depuis 1974, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pointe régulièrement le problème du doigt : la vie sexuelle d’un homme est dépendante de son bien-être. De fait, les troubles érectiles sont aussi un sujet qui méritent la tribune. Les dysfonctions érectiles, en effet, ont un réel impact sur la qualité de vie des messieurs, et il faut savoir que près d’un homme sur trois serait concerné après 40 ans. Pas anodine, et même plutôt plutôt courante donc, l’impuissance se gère mais, dans certains cas selon l’origine du problème, ne se soigne pas. Ce temps serait-il révolu ?

Une greffe « miracle »

Révolu, pas encore, mais un jour peut-être… Une greffe de cellules souches dans le pénis pourrait remédier aux troubles sévères dont souffrent certains hommes après un cancer de la prostate, selon des premiers résultats encourageants d’une étude dévoilée le mois dernier. « Douze patients souffrant de troubles sévères de l’érection après un cancer de la prostate ont reçu une greffe de cellules souches dans le pénis. Après six mois, des améliorations significatives de la qualité des rapports sexuels, de l’érection, de la rigidité du pénis et de la qualité de l’orgasme ont été rapportées par les patients », a détaillé, dans un communiqué, l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).

Des résultats très encourageants 

Avant les débuts de l’étude, les dysfonctions érectiles de ces patients avaient été jugées irréversibles. Pour des troubles arrivés à ce stade de non-retour, il faut savoir, en effet, que le traitement maximal (viagra aux doses maximales et pompe à érection) devient inefficace au bout de deux ans de pratique. Lors des tests, les chercheurs ont alors injecté dans le pénis des participants des cellules souches préalablement prélevées dans leur propre moelle osseuse, contenant différents types de cellules souches capables de « se transformer spontanément en cellules du même type que celles endommagées dans le pénis ». Le traitement a été excellemment bien toléré par les participants et, six mois après la greffe, les scientifiques ont même observés « une amélioration significative des principaux scores sexuels ».

© iStockphoto

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