Lombalgie : définition, symptômes, traitements

Le 1 mai 2016 - Par Manon Costantini

Première cause d’invalidité avant l’âge de 45 ans en France, la lombalgie est un mal très répandu bien qu’encore relativement méconnu. Définition de la lombalgie, symptômes et traitements de la lombalgie : tour d’horizon.

La lombalgie, qu’est-ce que c’est ?

On définit le terme médical lombalgie par des douleurs ressenties dans la région lombaire du dos. Très courante, cette affection touche donc les vertèbres du rachis lombaire. Il est difficile de chiffrer exactement le taux d’incidence des lombalgies sur les populations étant donné que ces dernières ne donnent pas toujours lieu à des consultations médicales. La lombalgie peut toucher tout le monde, à n’importe quel âge, bien qu’elle survienne plus fréquemment à l’adolescence et à l’âge adulte, vers 45 ans. La lombalgie se classe selon un seuil de douleur. Le lumbago, par exemple, également nommé « mal aux reins » ou « tour de reins » en raison de sa localisation, se manifeste par une douleur aiguë ressentie dans le bas du dos, qui peut durer jusqu’à près de 4 semaines. La douleur dite « subaiguë » va durer, elle, généralement plus de 4 semaines et pourra persister pendant près de 3 mois. A ce stade, on parlera alors de douleur chronique.

Lombalgies mécaniques et inflammatoires : les causes

On distingue de nombreuses causes à l’origine de l’affection. Tout dépend du type de lombalgie auquel le patient fait face. Les lombalgies inflammatoires, par exemple, se veulent spontanées et ne font pas suite à un mouvement particulier. Les symptômes se manifestent par une douleur nocturne qui survient souvent lors de la deuxième moitié de la nuit et même le matin, allant jusqu’à réveiller le patient qui en souffre et finit par ressentir une puissante raideur du rachis lombaire, qui diminuera au fil de la journée. Pour ce type de lombalgie, les causes sont multiples : elle peut être imputée à une spondylodiscite infectieuse, une tuberculose, une spondylarthrite ankylosante ou même une tumeur des vertèbres.

Les lombalgies mécaniques les plus fréquemment observées entraînent une douleur liée à un mouvement, du fait d’une articulation utilisée, le plus souvent la journée. Les changements de position durant la nuit ne constituent pas un problème : la douleur, bien que présente, n’est pas assez intense pour provoquer un réveil du patient. En revanche, en étant généralement plus fortes en fin de journée, les douleurs peuvent considérablement retarder l’endormissement. Parmi ces lombalgies mécaniques, on retrouve plusieurs sous-catégories et différents symptômes associés. Les lombalgies « à début brutal », c’est-à-dire celles qui surviennent spontanément, provoquant de vives douleurs sont à assimiler à un lumbago ou « tour de reins » pouvant être dû à un conflit disco-radiculaire, (un contact anormal entre une racine nerveuse de la moelle épinière et des disques de cartilage situés entre les vertèbres), à un tassement vertébral ou à un traumatisme. Il y a aussi ce que l’on appelle l’arthrose lombaire ou lombarthrose, qui est la cause la plus courante de lombalgie chronique (douleur chronique). Elle peut être engendrée par une scoliose, une inflammation des disques intervertébraux (disques de cartilage entre les vertèbres) ou même par une fracture. Il existe également ce que l’on nomme des lombalgies statiques, liées elles à une hyperlordose, c’est-à-dire que la courbure du bas du dos est accentuée provoquant ainsi de vives douleurs. On explique le phénomène par le fait que l’hyperlordose entraîne une arthrose des apophyses articulaires postérieures, qui permettent notamment la jonction des vertèbres entre elles.

Dans les cas de lombalgie non liées à une maladie, les patients guérissent en moins d’un mois dans 90% des cas

On parle également d’ostéoporose sénile, rencontrée plus souvent chez les femmes après la ménopause. Elle peut tirer sa cause de la sédentarité, de l’absence d’exposition à la lumière naturelle ou d’un régime manquant de calcium et de protéines. Une douleur dans le bas du dos (lombalgie) peut également être ressentie dans le cas d’un spondylolisthéis qui se traduit alors par le glissement d’une vertèbre en avant ou en arrière, par rapport à celle située en dessous. Elles ne sont donc plus alignées. Cela peut faire suite à une arthrose interapophysaire postérieure ou à une lyse isthmique, qui est une fracture de la jonction entre les articulations supérieures et inférieures d’une vertèbre du dos. Seul un examen radiologique peut permettre d’établir le diagnostic exact. Enfin, on parle aussi du syndrome du canal lombaire étroit, c’est-à-dire d’un rétrécissement de la cavité se trouvant dans les vertèbres de la région lombaire. Les racines nerveuses qui, normalement, circulent librement dans ce canal, se retrouvent alors compressées à cause du rétrécissement du canal provoquant alors des symptômes de douleurs. La survenue du syndrome peut faire suite à une sténose congénitale, à un spondylolisthésis, à une hernie discale, à une fracture ou même à une arthrose.

Traiter efficacement une lombalgie

Avant même d’évoquer le traitement et les solutions thérapeutiques, le premier réflexe est plutôt de remettre en question son hygiène de vie : « Me suis-je assez reposé ? » ; « ma posture au bureau ou dans le canapé est-elle bonne ? » ; « ai-je des carences alimentaires ? ». Le médecin pourra prescrire 48h de repos strict au patient : le sens du mot « strict » signifie un repos au lit sans oreiller ni traversin et les jambes à demi-fléchies. Sinon, pour traiter efficacement la douleur, si le repos ne suffit pas, des antalgiques périphériques comme le paracétamol, des anti-inflammatoires non-stéroïdiens et des myorelaxants – médicaments pour décontracter les muscles – peuvent aussi être utiles. Si l’organisme du patient oppose une résistance à ces traitements, le spécialiste pourra alors avoir recours à l’infiltration épidurale de corticoïdes permdefinition-lombalgieettant de réduire au mieux l’inflammation en injectant localement le produit. Les tractions mécaniques permettent également de soulager les douleurs. Les manipulations vertébrales, effectuées notamment par les ostéopathes, permettent de forcer l’écartement de l’espace entre les vertèbres et soulagent le patient. L’acupuncture, la thalassothérapie, les massages (faits avec douceur surtout) et la physiothérapie constituent également de bons moyens de traiter les douleurs lombaires. Dans tous les cas de lombalgies, la rééducation des mouvements du dos est primordiale, non-seulement pour soulager la douleur mais aussi pour en prévenir d’autres et s’en prémunir au mieux. La rééducation comprend principalement des massages, donc des rendez-vous répétés chez le kinésithérapeute. Dans certains cas, des interventions chirurgicales pourront être nécessaires ; on parlera alors dechimionucléolyse discale, destruction chimique du disque intervertébral, ou d’une nucléotomie percutanée, c’est-à-dire l’aspiration du noyau situé dans le cartilage du disque intervertébral.

Dans les cas de lombalgie non liées à une maladie, les patients guérissent en moins d’un mois dans 90% des cas. Si certaines sont plus douloureuses que d’autres, les lombalgies peuvent être considérablement gênantes, voire même handicapantes.

© iStockphoto

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