«La pollution intérieure est aussi néfaste que la pollution extérieure»

Le 1 septembre 2017 - Par Vanessa Bernard

Le Professeur Jocelyne Just, est médecin spécialiste au centre de l’asthme et des allergies à l’hôpital Armand Trousseau à Paris. Pour nous, elle revient sur les risques de la pollution. Rencontre. 

Dans les affections respiratoires, l’environnement joue un rôle considérable, et la qualité de l’air intérieur est aussi en cause…

La pollution intérieure est tout aussi néfaste que la pollution extérieure, voire même plus, puisque nous passons plus de temps dans des espaces clos. Elle peut être biologique et concerner donc les allergènes (acariens, animaux, moisissures, etc…) ou chimique, engendrée notamment par le tabagisme passif, le dioxyde d’azote (NO2) des cuisinières à gaz ou par les composés organiques volatiles comme le formaldéhyde qui peut se trouver dans la colle d’un parquet vitrifié ou dans des meubles agglomérés, type Ikea.

Justement, on parle beaucoup du formaldéhyde : représente-t-il un danger ? Est-il cancérigène ?

Généralement, la quantité présente dans les intérieurs n’est assez élevée pour entraîner un risque de cancer mais elle représente toutefois un risque pour ce qui est de l’asthme.

L’asthme, une affection particulièrement fréquente : où en est-on ?

Les hospitalisations et décès ont beaucoup augmenté vers la fin du siècle dernier jusqu’à l’année 2000 environ. A un moment, l’augmentation a été tellement importante qu’elle a atteint un plateau en termes de sévérité puis le taux a fini par diminuer. Depuis l’apparition des traitements par corticoïdes inhalés, le nombre de décès liés à l’asthme a diminué. Les hospitalisations sont plutôt stables sauf chez le très jeune enfant. Les décès et hospitalisations concernent le plus souvent les patients atteints d’un asthme sévère. Mais cette pathologie, à ce stade avancé, ne représente que 5% des asthmatiques.

Que faire pour se prémunir des risques de pollution intérieure sur notre santé ?

Il est vivement recommandé de ventiler, d’aérer son intérieur au moins 30 minutes par jour afin de diminuer les concentrations de polluants mais aussi d’acariens, de moisissures etc. Il ne faut surtout pas combler les bouches d’aération. En définitive, il est essentiel que la ventilation soit correcte.…

20 septembre 2017 3e journée nationale de la qualité de l’air

Affiche

Parce qu’il est possible d’agir pour améliorer la qualité de l’air intérieur, le Ministère de la Transition écologique et solidaire organise le 20 septembre prochain la 3e journée nationale de la qualité de l’air. L’idée ? Montrer les bonnes pratiques pour lutter contre la pollution de l’air parmi lesquelles :

- Privilégier des matériaux émettant moins de substances polluantes ;

- Améliorer les conditions d’aération des locaux ;

- Avoir des comportements adaptés dans son logement : entretien des appareils à combustion, éviter le tabagisme, être vigilant quant à nos usages de produits d’entretien…

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