Epilepsie : causes, conséquences, traitements

Le 8 février 2018 - Par Chiara Perotti

En France, l’épilepsie est l’une des maladies neurologiques les plus fréquentes. A l’occasion de la Journée Internationale qui lui est consacrée, faisons le point.

Convulsions, chutes, absences : les manifestations d’une crise d’épilepsie sont multiples à l’image de ceux qui en souffrent, soit entre 500 000 et 800 000 personnes dans l’Hexagone. Et, contrairement à la croyance générale, l’épilepsie, ce ne sont pas juste des convulsions incontrôlables, type de crise généralisée très fréquente. En effet, elle peut survenir aussi sous forme dite de « grand mal », avec ici d’autres symptômes plus alarmants comme de l’hyper-extension ou encore une perte de conscience, en sus des fameuses convulsions. Parfois ses manifestations se font particulièrement ténues ; chez l’enfant, par exemple, elle peut conduire à des crises d’absences de quelques secondes pendant lesquelles il n’a plus aucune interaction avec son environnement. Chez certains patients, ces pertes de conscience peuvent se répéter jusqu’à plus de 200 fois par jour. Du simple tremblement de la lèvre supérieure à des troubles bien plus complexes touchant la sphère consciente (un sentiment soudain d’étrangeté, de déjà vu ou une représentation anormale de la réalité à un moment donné), en matière d’épilepsie, il n’est pas de règle vraiment établie.

 Chez certains patients, ces pertes de conscience peuvent se répéter jusqu’à plus de 200 fois par jour.

La maladie du cerveau “électrique”

Mais si les troubles déclenchés par la crise touchent l’expérience mentale, la représentation du monde, et peut provoquer des hallucinations… il s’agit quand même bien d’une pathologie neurologique et non psychiatrique ; on dit d’elle qu’elle est la maladie « électrique » du cerveau. Cela s’explique par le fait qu’à un moment donné, les neurones et les réseaux de neurones du patient ont une activité anormale, intense, hyper-synchronisée au niveau d’une région plus ou moins étendue du cerveau. Les conséquences sont alors très importantes puisque la crise empêche le bon fonctionnement de la région touchée et donc modifie les fonctions normalement associées à cette région.

Epilepsie et facteurs déclenchants

Certains facteurs environnementaux vont pouvoir venir entraîner le déclenchement d’une crise, comme l’hyperventilation chez les enfants, certaines stimulations visuelles intermittentes intenses, le stress ou encore des émotions fortesLe binge drinking (atteindre l’ivresse le plus vite possible grâce à des mélanges insensés) peut également provoquer une crise ponctuelle d’épilepsie sans pour autant que le sujet soit malade. En effet, il ne faut pas confondre la maladie épileptique, définie par des crises récurrentes, et la crise d’épilepsie ponctuelle qui, elle, peut concerner tout le monde. Et il faut savoir aussi que quand certains patients vont sentir la crise arriver (souvent trop tard), d’autres, grâce à la mise en place d’une stratégie comportementale vont arriver à empêcher le développement de la crise.

En effet, il ne faut pas confondre la maladie épileptique, définie par des crises récurrentes, et la crise d’épilepsie ponctuelle qui, elle, peut concerner tout le monde

Prise en charge de l’épilepsie

Nombreux sont les syndromes épileptiques qui résistent aux traitements pharmacologiques même si certains médicaments s’avèrent efficaces en dépit de leurs effets secondaires. Parfois, si la région du cerveau qui déclenche la crise est identifiée et qu’elle n’est pas vitale, il est possible d’intervenir chirurgicalement pour la retirer. Mais en France, parmi les 30% de patients (soit au moins 150 000 personnes) qui font face à des formes pharmaco-résistantes, seulement 300 par an se voient proposer l’accès au traitement chirurgical. Selon l’OMS, le phénomène s’expliquerait par un niveau de méconnaissance profond de cette pathologie et des investissements en Santé et en Recherche bien insuffisants comparativement à d’autres maladies alors même que l’épilepsie est la 2ème maladie neurologique en France.

Epilepsie : quelles conséquences au quotidien ?

Pour les patients qui ne parviennent pas à gérer leurs crises, les conséquences peuvent alors être des blessures corporelles du fait d’une chute brutale et inattendue. Bien sûr, on ne peut écarter les conséquences psychologiques induites par l’épilepsie, la peur de voir survenir une crise à tout moment, par exemple, sans compter la crainte du regard des autres et des préjugés, et ce peut-être plus particulièrement encore en milieu scolaire et professionnel. Et quand sur les bancs de l’école, l’épilepsie peut altérer l’apprentissage, au travail aussi, elle peut lourdement impacter ceux qui en souffrent : incompatibilité des épilepsies actives avec la conduite, l’impossibilité d’accéder à les secteurs d’activité règlementé (armée, police nationale). L’épilepsie peut ainsi rapidement devenir un obstacle à l’insertion des patients dans le monde du travail.

L’épilepsie peut ainsi rapidement devenir un obstacle à l’insertion des patients dans le monde du travail

Epilepsie et morbidité

Dans les cas les plus graves, les patients peuvent aussi avoir à subir d’importantes séquelles neurologiques. Une crise prolongée, en effet, peut conduire à un manque d’oxygène en certaines zones du cerveau. Certaines crises peuvent même s’avérer mortelles. Un phénomène, toutefois, rare et méconnu qui porte le nom de « mort subite inattendue et inexpliquée en épilepsie » (MSIE), sans doute dû à un rythme cardiaque altéré. Des morts subites affectant en priorité les jeunes adultes mais dont le taux de décès lié à la survenue d’une crise est plus important que celui en rapport avec le SIDA.

L’OMS parle ainsi de 33 000 décès liés à la maladie, chaque année, Europe. Et, en France, on estime à 75 000 le nombre de personnes ayant des déficiences liées à leur épilepsie.

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