ITW – Pr. Tillement : « Les génériques, des médicaments comme les autres »

Le 31 mars 2016 - Par Manon Costantini

Jean-Paul Tillement est  Professeur émérite de Pharmacologie,et également Membre de l’Académie de Médecine et de l’Académie de Pharmacie. Pour nous il revient sur les médicaments génériques et nous explique pourquoi nous pouvons leur faire confiance. Rencontre. 

Quelle est la différence entre un médicament générique et celui dit « de référence » ?

Il n’y a aucune différence entre les deux, dans la mesure où l’un et l’autre ont la même quantité de principes actifs, d’ailleurs libérée de la même façon. Pour moi, le générique est un médicament a part entière comme le médicament initial.

Quelle place, quelles conséquences, quelle importance ont les excipients dans la composition du médicament ?

Théoriquement les excipients sont là pour fabriquer une forme pharmaceutique solide et qui se prête bien à l’emploi, ils n’ont pas d’action thérapeutique. Certains peuvent avoir un effet, on a par exemple, parlé d’allergies mais ces cas demeurent rares. La différence se remarque essentiellement dans la couleur : toujours la même pour les médicaments génériques qui sont blancs alors que les princeps sont souvent plutôt colorés.

Théoriquement les excipients sont là pour fabriquer une forme pharmaceutique solide et qui se prête bien à l’emploi, ils n’ont pas d’action thérapeutique

On parle aussi de bioéquivalence…

Lorsqu’un générique est proposé pour une AMM (une autorisation de mise sur le marché), il faut vérifier sa bioquévalence car le générique doit être absolument comparable au produit de référence. On mesure donc la quantité de médicament qui est libérée, et la façon dont elle est libérée par le générique comparé au princeps. Cela veut dire que l’on mesure l’évolution des concentrations sanguines du principe actif libéré par le générique et le médicament de référence. Il faut alors que les courbes soient à peu près superposables.

Le générique est un médicament a part entière comme le médicament initial

Il est toujours des réticences quant aux génériques… Votre avis ?

Je ne crois pas qu’il y ait de réticences à avoir, cependant, il y a un effort de pédagogie a faire. Dans les maisons de retraite, par exemple, certains seniors ont du mal, et ce, même si on les aide, à repérer les comprimés qu’ils doivent prendre. Les couleurs souvent vont leur servir de repères. Les génériques, eux, sont tous blancs. Il faut donc accompagner la prescription d’une explication pour éviter les erreurs. A partir du moment où l’industriel a le libre choix de fabriquer les comprimés sous la forme qu’il souhaite, il peut y avoir un problème de reconnaissance. Mais c’est un problème mineur !

Peut-on se fier aux contrôles ?

Oui, en France, les médicaments sont tous contrôlés de la même façon ! Les contrôles sont d’ailleurs très bien faits et très sévères. La qualité pharmaceutique, donc la quantité de principe actif et la façon dont il est libéré, est obligatoirement vérifiable.

Je crois qu’il faut passer au-dessus pour comprendre qu’il s’agit du même médicament et intégrer l’idée que le générique n’est pas un sous-médicament

Comment rassurer les utilisateurs encore dubitatifs à ce sujet ?

Le Ministère de la Santé s’emploie a faire la promotion des génériques et à en expliquer tout l’intérêt. Je crois qu’il faut faire confiance aux autorités sanitaires, le générique apporte les mêmes garanties que le princeps. Il peut être présenté d’une autre façon mais je crois qu’il faut passer au-dessus pour comprendre qu’il s’agit du même médicament et intégrer l’idée que le générique n’est pas un sous-médicament.

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