ITW – Pr. Cohen Solal : « Pourquoi le fer est notre ami ? »

Le 31 août 2016 - Par Vanessa Bernard

Le Professeur Alain Cohen Solal est chef du service de cardiologie de l’hôpital Lariboisière de Paris. Pour nous, il revient sur les risques d’une carence en fer. Rencontre. 

Pourquoi le fer est-il si important ?

Le fer est nécessaire au bon fonctionnement des muscles et intervient aussi dans la formation des globules rouges. Notre organisme en possède un stock qui dès lors qu’il diminue nous expose à des conséquences négatives comme la fatigue (puisque nos muscles fonctionnent moins bien) ou encore une anémie ferriprive (la carence en fer en est la principale cause). La perte de fer peut être due à un phénomène de dénutrition (notamment dans les pays en voie de développement), une inflammation générale (maladie du sang notamment) où le fer est mal utilisé, des syndromes inflammatoires ou à des saignements : règles abondantes, prise d’anticoagulants ou d’antiplaquettaires, petits ulcères, hémorroïdes…

En cas de carence en fer, quels sont les signes qui doivent alerter ?

Dans 80% des cas, la fatigue est le premier des symptômes. Le réflexe est donc d’aller voir son médecin pour subir un bilan d’autant plus que nous savons désormais que même si le patient ne présente pas d’anémie, il peut vraiment souffrir de fatigue du fait d’une carence en fer. D’autres manifestations peuvent nous alerter : la pâleur, les paumes rouges, des maux de tête, un glossite. Pour établir le diagnostic, l’indicateur est le dosage de la ferritine qui permet d’évaluer notre stock en fer : si elle est basse, la carence est avérée.

On sait aussi que la carence en fer doit faire l’objet d’une surveillance chez l’insuffisant cardiaque…

Depuis 2012, pour les patients souffrant d’une insuffisance cardiaque, la carence en fer doit, en effet, faire l’objet d’une recherche. La prévalence concerne 30 à 50% de ces malades qui s’ils sont traités voient leurs symptômes et leur tolérance à l’effort s’améliorer.

Quel est le traitement justement pour le patient en carence ?

Un traitement à base de fer peut être prescrit : il existe le fer oral ou injectable. Dans certaines pathologies, quand le fer oral est mal absorbé (en particulier en situation inflammatoire), la voie intraveineuse est une alternative pour un effet qui dure plusieurs mois. Les injections se font alors à l’hôpital pour assurer une bonne administration et la surveillance du patient. Il est aussi important d’avoir une alimentation équilibrée. On dit souvent que les épinards sont riches en fer ce qui est une idée reçue. La viande, en revanche, en est une bonne source.

Quels sont les risques à ne pas être pris en charge ?

Si votre carence en fer est due à un saignement, mieux vaut en connaître l’origine par le bilan car il ne faudrait pas passer à côté d’un autre phénomène comme un polype, de petites gastrites au long cours, ou tout autre lésion digestive…

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