ITW – Pr. Séréni : « Prendre le temps d’informer le patient sur son traitement »

Le 1 mars 2016 - Par Manon Costantini

Le Pr. Daniel Séréni est ancien Chef de Service de Médecine Interne de l’Hôpital Saint-Louis. Il a  également participé au livre blanc : L’observance des traitements, un défi aux politiques de santé (Fondation Concorde). Il nous explique pourquoi il est important d’être un « bon observant » dans la prise médicamenteuse et il nous donne les clés pour y parvenir. 

DÉFINIR L’OBSERVANCE

C’est le degré de conformité de la personne qui prend un traitement par rapport à sa prescription. Est considéré comme « bon observant », tout patient respectant au moins 80% de son ordonnance. Entrent compte : le nombre de comprimés à prendre et le respect de la durée du traitement prescrit. Si on veut aller plus loin, d’autres nuances apparaissent : prendre ou pas ses médicaments au bon moment (avec le repas ou non, à jeun ou pas…).

1 FRANÇAIS SUR 2 N’EST PAS OBSERVANTLassitude, oubli, la non observance s'explique et se corrige

Les maladies chroniques comme l’hypertension artérielle, le diabète, la polyarthrite exigent un traitement pendant des années voire à vie : la lassitude peut entraîner l’arrêt. Il est aussi deux types de publics moins bons observants : l’adolescent, à cet âge, difficile d’admettre et d’être convaincu de la nécessité d’un traitement et la personne très âgée, qui peut oublier ses cachets faute de mémoire, notamment.

L’IMPORTANCE DU DIALOGUE

Il ne suffit pas de donner l’information, il faut s’assurer qu’elle ait été bien reçue, entendue et comprise. Il faut apprécier la personnalité du patient pour essayer d’anticiper. Il faut aussi comprendre pourquoi pour tenter de trouver une solution. Parfois, le simple fait de passer d’un traitement 3 fois par jour à seulement 2 fois peut améliorer considérablement l’observance.

Les maladies chroniques comme l’hypertension artérielle, le diabète, la polyarthrite exigent un traitement pendant des années voire à vie : la lassitude peut entraîner l’arrêt

Il n’y a pas que le patient à éduquer, il y a aussi le médecin parfois insuffisamment informé. Certains vont avoir tendance à changer les doses ou le traitement, à donner un médicament plus puissant avant même de s’être assurés que le traitement est bien suivi….

MÉDECIN, PHARMACIEN : QUELS RÔLES ?

Le rôle du médecin, c’est essentiellement de prendre le temps d’informer sur le traitement lui-même, sur les conséquences de la maladie pour en venir à l’importance du traitement ; c’est aussi d’’essayer d’identifier d’éventuelles difficultés relatives au mode de vie (questions d’horaires, de travail…). Le pharmacien, lui, peut questionner le patient : lui demander s’il prend bien ses médicaments, si le traitement est bien supporté, s’il rencontre des difficultés… Le patient peut tout à fait se confier à lui, et, si le pharmacien identifie un problème, il peut contacter le médecin.

ET CHANGER LES CHOSES…

L’éducation et l’information sur le médicament sont essentielles. Or, beaucoup d’événements et de campagnes ont eu tendance à le dénigrer. S’il faut évidemment condamner les excès, les dangers et alerter, il faut aussi faire attention à ne pas dénigrer le traitement car c’est dans l’intérêt du patient et de la société, qui d’ailleurs paye les médicaments, même ceux qui ne sont pas pris. Ne pas prendre son traitement est aussi dangereux que de s’exposer à ses risques éventuels. Ce n’est pas logique de ne pas prendre un traitement qui nous aide à guérir : il y a systématiquement des raisons, aux professionnels de santé de les comprendre pour les corriger.

© iStockphoto

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