ITW – Pr Sahel : « Nos yeux sont précieux et fragiles »

Le 1 mars 2016 - Par Manon Costantini

Le Pr. José-Alain Sahel, membre de l’Académie des sciences et, également directeur de l’Institut de la vision est un éminent spécialiste de la vue. Pour nous, il revient sur les pathologies les plus fréquentes, les avancées de la recherche et nous explique pourquoi il est si essentiel de prendre soin de nos yeux. Rencontre. 

En matière de vision, quelles sont les maladies qui nous touchent plus particulièrement ?

Les pathologies les plus courantes sont la cataracte, les complications liées au diabète, les glaucomes, qui sont d’ailleurs la première cause de cécité avant 50 ans. Et, il y a aussi la DMLA qui touche en France près d’un million et demi de personnes. Ensuite, il est aussi des maladies rares qui sont essentNos yeux sont précieux et fragiles, sachons en prendre soiniellement les maladies génétiques de la rétine.

Justement, comment les avancées ont-elles contribué à mieux traiter ces maladies ?

Il y a, en premier lieu, une avancée bien connue désormais avec la miniaturisation de la chirurgie ; aujourd’hui, par exemple, la cataracte se traite en partie au laser : l’intervention est donc très courte et se fait en ambulatoire. J’évoquerai aussi celle bien plus récente qui concerne la DMLA. Des médicaments, dont le rôle est de bloquer la diffusion des vaisseaux et leur prolifération, ont fait leur apparition et ont révolutionné la prise en charge d’une partie des patients touchés. En Angleterre, ces traitements ont permis de réduire de 50% le nombre d’aveugles liés à la DMLA.

 

Aujourd’hui, par exemple, la cataracte se traite en partie au laser : l’intervention est donc très courte et se fait en ambulatoire

C’est une révolution, au prix d’injections multiples et d’un coût très important pour la société, certes, mais une belle avancée. Cependant il faut savoir que seule une partie des patients est concernée par cette prise en charge car, il y a encore toute une série de formes de la maladie qui demeurent au stade de la recherche thérapeutique. On espère, à terme, non seulement empêcher la perte de vision mais aussi aider à l’adaptation de la mal voyance. Avec les progrès, en effet, il semble tout à fait envisageable de restaurer une partie de la vision.

En règle générale, se soucie-t-on assez de sa santé visuelle ?

Probablement que non. Nous ne réalisons pas vraiment que nos yeux sont précieux et fragiles tant que nous n’avons pas été confrontés à des problèmes. On constate également, une vraie méconnaissance sur le sujet concernant les jeunes enfants : les priver de verres protecteurs au soleil, par exemple, est dangereux car le cristallin ne filtre pas bien la lumière jusqu’à l’âge de 10 ans à peu près. Or, la toxicité de la lumière peut grandement contribuer à compromettre leur capital visuel. Sinon, à ce jour, nous ne connaissons pas encore vraiment l’impact des écrans sur les yeux. S’il n’a pas été « mesuré » pour l’instant, et que nous n’avons pas d’arguments formels, on peut toutefois penser que ce n’est pas idéal.

Or, la toxicité de la lumière peut grandement contribuer à compromettre leur capital visuel

Il faut savoir aussi que santé visuelle et alimentation sont liés. On sait, que du fait de leur richesse en omégas 3, les fruits, les légumes et les poissons sont bons pour la rétine. On considère aussi que le tabagisme joue un rôle important dans la DMLA. Mais, je dirai que l’élément essentiel c’est sans doute la protection contre la lumière. Il faut essayer d’éviter des dommages cumulatifs au cours de notre vie.

© iStockphoto

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>