ITW – Pr. Michel Llorca : « Tout sur la schizophrénie »

Le 2 juin 2016 - Par Vanessa Bernard

Le Pr. Pierre-Michel llorca est chef de service de psychiatrie du centre médico-psychologique au CHU de Clermont-Ferrand. Fausses idées, malentendus, et perspectives de guérison : il nous dit tout sur la schizophrénie. 

Ne pas craindre la schizophrénie

Le terme est souvent utilisé de façon inappropriée : il ne s’agit pas d’un dédoublement de la personnalité. De même, si le patient souffrant de schizophrénie est souvent considéré comme dangereux, sachons que dans la très grande majorité des cas, les malades sont plus vulnérables que dangereux. Les sujets « violents » ne représentent que 0,1 % des patients.

Facteurs de risques

La maladie touche les 18 / 25 ans, les hommes comme les femmes, avec parfois des manifestations plus précoces. On va parler de « vulnérabilité » génétique. Par exemple, si vous avez un jumeau monozygote concerné, qui a donc exactement le même patrimoine génétique que vous, vous n’avez qu’à peu près 30% de risque de tomber malade. Pour les 70% restants ce sont les facteurs d’environnement mis en conjonction qui sont en jeu et vont pouvoir augmenter le risque : les traumatismes obstétricaux, l’exposition à l’urbanicité, le stress environnemental…

Savoir diagnostiquer

On lui associe 3 types de symptômes : les phénomènes délirants (être convaincu que Dieu vous a confié une mission et donné des super pouvoirs, être persuadé que la CIA veut vous tuer…), avec parfois, des hallucinations qui peuvent toucher les 5 sens (entendre des voix, avoir des sensations bizarres sur la peau alors que rien ne se passe en réalité…).

La difficulté des interactions sociales est le second type de symptôme : le patient a tendance au repli, à l’isolement, il est aussi peu communicatif, et peine à ressentir des émotions, on parle d’émoussement affectif. Enfin le patient souffre généralement d’une altération des processus de pensée qui se manifeste par une perte de logique dans l’enchaînement de ses idées. L’intégration sociale est la plus importante des difficultés. Environ 450 000 personnes en France sont concernées.

Savoir traiter

L’arrivée des premières molécules dès les années 50 a permis d’améliorer considérablement la prise en charge. Les traitements pharmacologiques permettent d’agir sur les phénomènes délirants, qui sont les plus spectaculaires. Pour le repli et les symptômes dits « cognitifs », de nouvelles thérapies non pharmacologiques ont été développées ces 25 dernières années afin d’améliorer les capacités du malade. A la stratégie médicamenteuse, s’ajoutent donc les stratégies psycho-sociales.

Avoir une vie « normale »

Il s’agit d’une maladie qui évolue au long cours. Je dirai que chez les 2/3 des patients, elle va se manifester de façon chronique par poussées ou en continu. Mais il est 1/3 des malades auprès desquels on observe une rémission réelle des symptômes avec une réinsertion sociale possible et observable.

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