ITW – Pr. Christophe Legendre : « Ce qu’il faut savoir sur la greffe du rein »

Le 19 janvier 2016 - Par Manon Costantini

Le Professeur Legendre est Chef du service de Transplantation rénale adulte à l’Hôpital Necker-Enfants Malades de Paris. Il nous dit tout sur la greffe de rein, ses causes et conséquences, et nous explique pourquoi, il est nécessaire que ces chirurgies se développent plus encore. Rencontre. 

Contre les maladies rénales chroniques, quels sont les traitements possibles ?

Ils sont aujourd’hui de deux sortes : la dialyse et la transplantation. Il y a en France, actuellement, un peu plus de 30 000 personnes qui vivent avec un rein transplanté et près de 50 000 personnes sont dialysées. En cas de maladie rénale chronique qui peut être due au diabète, à l’hypertension artérielle,  ou à certaines maladies rénales congénitales ou non, la plupart des patients se voient proposer une transplantation en vue d’éviter ou  de limiter le temps en dialyse.

En quoi consiste l’intervention ? 

Il faut savoir qu’il existe deux types de donneurs, le vivant qui peut être un proche : un parent, le conjoint, des amis… et une personne décédée. Sur le plan chirurgical, l’intervention va consister à ajouter un rein que l’on va placer, généralement, du côté de l’appendice, dans une région que l’on appelle la fosse iliaque droite, plus facilement accessible au chirurgien. Sauf exception, il n’y a aucun bénéfice à enlever les reins malades du patient transplanté, puisque de toute façon, on ne pourra pas le greffer au même endroit que ses organes natifs. En France, 80% des greffes proviennent de donneurs décédés, et 20% de transplantations effectuées avec des donneurs vivants. Un chiffre amené à augmenter. 

Quelles conséquences pour le donneur vivant ? 

Les risques, s’ils sont très modérés, sont ceux liés à toute anesthésie générale et à une chirurgie réglée. Et il y a le risque de vivre avec un rein unique par la suite. En règle générale, rien ne se produit, mais en cas d’accident de voiture ou de maladie sur le rein qui reste, il n’y aura aucune autre alternative pour le donneur qui devra alors en passer par la dialyse. C’est la raison pour laquelle les examens chez le donneur vivant sont extrêmement poussés et que, parmi eux, seuls 40% pourront finalement donner un rein ; les autres étant écartés pour différents motifs, essentiellement médicaux. 

Les examens chez le donneur vivant sont extrêmement poussés et que, parmi eux, seuls 40% pourront finalement donner un rein

Peut-on prévenir la maladie rénale chronique ?

Selon l’origine de la maladie, quelques moyens existent parmi lesquels le maintien d’une pression artérielle strictement normale, voire un peu plus basse que la normale. Si cette disposition ne va pas empêcher l’apparition de l’insuffisance rénale, elle peut permettre de la retarder, parfois, de plusieurs années.

Quels sont les résultats des transplantations rénales ?

Quand on utilise un rein d’un donneur vivant, on peut estimer que 10 ans après la greffe, environ 80% des receveurs auront encore un rein qui fonctionne contre 60% pour ceux ayant reçu l’organe d’une personne décédée. Cette écart est lié quasi exclusivement à la qualité du rein : sur un donneur vivant, on va avoir plus de temps de faire les analyses nécessaires que chez les donneurs décédés. L’âge de ces derniers peut aussi altérer la qualité du rein donné. 

Le rejet est la réaction normale de l’organisme qui essaie de se débarrasser d’un organe étranger : c’est un peu le destin de toute transplantation.

Et il y a aussi le risque du rejet… 

Le rejet est la réaction normale de l’organisme qui essaie de se débarrasser d’un organe étranger : c’est un peu le destin de toute transplantation. Pour lutter contre ce phénomène, les médicaments anti-rejet, par ailleurs assez efficaces, sont actuellement la seule solution. Même si de nombreuses recherches visent à trouver des alternatives à ces traitements immunosuppresseurs, ils sont indispensables et doivent être pris aussi longtemps que le greffon fonctionne.

  • Carole Ros Rodriguez

    Cela fait 3 ans, aujourd’hui, que votre équipe et vous même , avez transplanté un rein à mon époux, Manuel. Il se porte à merveille, notre vie de famille , de couple est ressuscitée. Merci à vous tous, à la famille et au donneur (

  • Carole Ros Rodriguez

    Cela fait 3 ans, aujourd’hui, que votre équipe et vous même , avez transplanté un rein à mon époux, Manuel. Il se porte à merveille, notre vie de famille , de couple est ressuscitée. Merci à vous tous, à la famille et au donneur (

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