ITW – Pr. Allain : « Dans 95% des cas, le mal de dos n’est pas grave »

Le 27 novembre 2017 - Par Manon Costantini

80% de Français seront atteints de mal de dos au moins une fois dans leur vie. Les explications du Pr. Allain de l’Institut du Rachis de l’hôpital Henri Mondor (AP-HP) – Paris.

8 personnes sur 10 ont déjà eu un jour mal au dos. Comment peut-on expliquer cette fréquence ? 

L’essentiel du mal de dos, que l’on nomme « lombalgie commune », est lié à une dégradation des disques lombaires qui se traduit par une déshydratation discale. Or le disque est un amortisseur hydrique des pressions qui s’exercent sur nos vertèbres. Cette détérioration discale est essentiellement d’origine génétique, liée à un défaut dans la fabrication d’une protéine particulière qui permet au disque d’aspirer les molécules d’eau qui l’entourent, à l’image d’une éponge. Quand cette protéine est en concentration insuffisante ou quand elle dysfonctionne, les disques de déshydratent, se dessèchent, se pincent, se déchirent et entraînent alors la lombalgie. Les autres facteurs de dégradation discale sont et donc du mal de dos sont l’intoxication tabagique qui déshydrate les disques et l’obésité qui entraîne une surcharge mécanique sur les disques lombaires.

Il existe deux types de douleur, comment les différencier ? 

La douleur mécanique apparaît dans l’effort. Par exemple, certains patients se plaignent de ne plus pouvoir porter leurs enfants, leurs courses, de ne plus pouvoir marcher plus de 300m. A l’inverse, la douleur inflammatoire est  plutôt nocturne et entraîne une longue phase de dérouillage le matin au réveil. Les patients disent que leur état s’améliore au fil de la journée : plus ils bougent, moins ils ont mal : il s’agit ici d’une douleur de repos. 

A quel moment faut-il aller consulter ? 

Lorsque la douleur devient chronique, c’est-à-dire quand elle dure depuis plusieurs mois, il est logique d’aller consulter. Bien sûr, en cas de douleur aiguë, c’est-à-dire violente, intolérable, et même si elle est ponctuelle, il faut s’en inquiéter aussi.  Le premier réflexe est d’aller voir son médecin traitant qui va vous examiner pour préciser vos symptômes. Il peut alors prescrire une radio, un scanner voir une IRM et si besoin, vous renvoyer ensuite vers un spécialiste : un rhumatologue, un médecin de rééducation fonctionnelle ou un chirurgien en fonction des résultats. 

Quels sont les bons gestes à adopter pour soulager ses maux ? 

Le sport est fondamental pour maintenir l’équilibre de la colonne vertébrale grâce à la  musculature des spinaux et des abdominaux. Ainsi, les muscles renforcés vont pouvoir jouer leur rôle de stabilisateur (un bon gainage est donc fortement conseillé).

Avez-vous des conseils à prodiguer ? 

Il est essentiel que les patients comprennent que dans 95% des cas, le mal de dos n’est pas grave. Il ne faut donc pas en avoir peur. L’avis d’un chirurgien n’est nécessaire que dans de rares cas. On ne guérit jamais la déshydratation discale mais on trouve des solutions : les traitements et conseils octroyés permettent à la grande majorité des patients de vivre une vie satisfaisante, en éliminant les maux les plus invalidants qui les terrassent. 

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