ITW – Joëlle Adrien : « Tout savoir sur l’apnée du sommeil »

Le 1 novembre 2016 - Par Vanessa Bernard

Le docteur Joëlle Adrien est neurobiologiste, directeur de recherches à l’Inserm, mais aussi présidente de l’Institut National du Sommeil et de la Vigilance. Elle nous dit l’essentiel sur l’apnée du sommeil. 

Comprendre le syndrome d’apnée du sommeil

L’apnée du sommeil est une pathologie qui engendre des arrêts respiratoires de quelques secondes chez le dormeur. Elle est due à un rétrécissement des voies respiratoires. En effet, pendant le sommeil, le tonus musculaire diminue autour de la gorge. Au moment où il inspire, les voies aériennes s’écrasent et la respiration s’interrompt. Ce n’est pas dangereux, car un système d’alertes dans le cerveau réveille le dormeur, qui recommence à respirer. Mais ces micro-éveils engendrent un sommeil fragmenté. Même si la personne atteinte ne s’en rend pas compte, son sommeil est beaucoup moins récupérateur.

Repérer le phénomène

Le signal d’alerte est souvent tiré par le conjoint, qui repère le bruit caractéristique émis par la personne atteinte au moment de la reprise de la respiration. L’autre signe qui permet de repérer cette pathologie, c’est la somnolence en pleine journée sans raison particulière. Cela dit, il est normal de faire un peu d’apnée dans son sommeil. Tant que l’on ne remarque pas de somnolence au quotidien, il n’y a pas d’inquiétude à avoir.

La population touchée

Le portrait-type de la victime d’apnée du sommeil, c’est une personne en surpoids, dont la gorge est encombrée de tissus graisseux. On estime que 4 à 10% de la population française adulte est atteinte, soit 2,5 à 6,4 millions de personnes. Parmi elles, les individus de plus de 60 ans sont plus facilement touchés. Du côté des causes extérieures, l’alcool favorise l’apnée et certains somnifères l’aggravent. Parfois, perdre du poids et adopter une hygiène de vie saine suffisent ainsi à soulager les personnes atteintes.

Pourquoi traiter ?

À court terme, l’apnée n’est pas très dangereuse, même si elle provoque des somnolences, qui engendrent des risques (accidents…). Mais c’est un problème qui doit vraiment être traité, car à long terme, il induit des conséquences plus graves : hypertension, diabète, diminution de la réponse immunitaire, dépression, etc.

Les réponses thérapeutiques

Pour résoudre ce problème mécanique, il existe deux dispositifs. Le premier, l’orthèse d’avancée mandibulaire, est un appareil dentaire qui force la mâchoire à avancer pour garder les voies aériennes ouvertes, en cas d’apnée relativement légère. Le second, préconisé en cas d’apnée sévère, est un masque, relié à une pompe qui insuffle de l’air dans la gorge en permanence. Il y a des personnes que ce système gêne, mais en général l’apnée est tellement handicapante qu’elles portent quand même l’appareil. La différence est spectaculaire.

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