ITW – Dr. Colson : « Traiter la dysfonction érectile »

Le 5 décembre 2015 - Par Vanessa Bernard

Le 5 juin dernier, l’Observatoire de la Santé vous annonçait l’arrivée dans les pharmacies d’une nouvelle thérapeutique traitant la dysfonction érectile. Quelques mois après, faisons le point avec Marie-Hélène Colson psychothérapeute et sexologue sur ce nouveau médicament se présentant sous forme de crème. Rencontre. 

Comment percevez-vous l’arrivée de cette nouvelle crème dans le traitement de la dysfonction érectile ? 

Dans une pathologie, l’arrivée d’un nouveau médicament est toujours intéressante puisqu’en élargissant la gamme, on élargit aussi l’accès aux traitements. Vitaros qui affiche la même efficacité que les comprimés à avaler est une solution pertinente puisqu’il s’agit d’un traitement topique par la peau, qu’il n’y a pas de passage dans le sang et pas de risque d’irritation. Le seul petit inconvénient, je dirai, reste le geste que 10 à 15% des patients n’arrivent pas à maîtriser.

 l’arrivée d’un nouveau médicament est toujours intéressante puisqu’en élargissant la gamme, on élargit aussi l’accès aux traitements

Le professionnel de santé a donc un rôle important à jouer ? 

Bien sûr puisqu’on ne peut pas se contenter de prescrire la crème sans expliquer comment l’utiliser. De même que notre rôle est aussi de prendre le temps d’expliquer au patient qu’il y a plusieurs possibilités thérapeutiques face à de tels troubles : les injections, les comprimés, la crème. A lui, ensuite, de choisir ce qui va le mieux lui convenir en fonction de son imaginaire érotique.

Justement, Vitaros correspond-t-il à un imaginaire érotique particulier ? 

J’ai été très étonnée du profil des patients qui m’ont sollicitée sur le sujet. J’aurais imaginé que ce seraient des personnes plutôt âgées mais finalement, je me suis aperçue que ce traitement avait un certain succès auprès des jeunes. Autre surprise encore, le fait que des patients m’en parlent spontanément comme s’ils étaient prêts, une impression que je n’avais pas eu pour d’autres produits à l’occasion de leur lancement.

Je me suis aperçue que ce traitement avait un certain succès auprès des jeunes

Le sujet deviendrait-il moins tabou ? 

Il y a de ça, bien sûr mais aussi le fait que Vitaros n’a pas fait l’objet de polémique. Il y a aussi un autre phénomène, avec les comprimés les patients ont deux inquiétudes prégnantes : leurs effets secondaires et la peur de devenir accroc. Ceci expliquant sans doute cela.

Le traitement a été lancé en juin, mais avez-vous de premiers retours déjà ? 

Tout à fait. Si le geste est maîtrisé, l’érection est de bonne qualité. Une chose à savoir aussi, l’érection « classique » suit l’irrigation sanguine, de la base vers le haut du sexe. Avec Vitaros, le phénomène s’inverse puisque le produit s’applique au niveau du gland. Il suffit juste de le savoir et d’ailleurs cela va présenter un avantage chez certains patients ayant des problèmes neurologiques, notamment, puisque ces troubles gênent la commande motrice de l’érection avec comme conséquence un gland mou. Pour ces personnes qui retrouvent la sensibilité perdue sur cette partie de leur sexe, le traitement est sans doute plus intéressant encore.

Le premier traitement local contre la dysfonction érectile

C’est à une biotech américaine, Apricus Biosciences que l’on doit la mise à jour d’un traitement innovant pour traiter les troubles érectiles grâce à une crème qui s’applique directement à l’extrémité du pénis, provoquant ainsi des érections d’une manière plus localisée et plus rapide. La molécule utilisée nommée Alprostadil est couplée à un transporteur ce qui permet, en effet, une très bonne diffu- sion du produit. Ainsi est né le tout premier traitement local de la dysfonction érectile avec ce médicament en crème dont la dose optimale est délivrée via un petit applicateur et agit en peu de temps (15 minutes en moyenne).
Une nouvelle thérapeutique qui vient renforcer l’arsenal déjà disponible et offrir une alternative pour qui souffre de troubles de l’érection. Tous les patients, quelle que soit l’origine de leur problème, peuvent être concernés par ce nouveau traitement affichant lors des tests effectués une efficacité comparable aux médicaments par voie orale, et ce même chez les hommes souffrant d’une dysfonction
érectile d’origine organique (prostatectomie, neuropathie diabétique, paraplégie, notamment). Pour ces derniers, d’ailleurs, généralement très difficiles à traiter, le rembour- sement du médicament a été autorisé.

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