Interview croisée : « Tout savoir sur le psoriasis »

Le 2 mai 2016 - Par Vanessa Bernard

Le Docteur Dominique Lons-Danic est dermatologue au groupe hospitalier Paris-Saint-Joseph, qui a créé un centre du psoriasis, dirigé par le professeur Michel Janier. Roberte Aubert, est elle présidente de France Psoriasisseule association en France dédiée exclusivement au soutien des personnes atteintes de psoriasis et/ou de rhumatisme psoriasique. Interview croisée. 

Le psoriasis véhicule bien des idées reçues. Pourquoi ?


Roberte Aubert :
Notre pathologie est non seulement assez mal connue du grand public et elle ne suscite pas vraiment d’empathie car aux yeux des gens, elle ne représente pas de risque vital pour la personne qui en est atteinte. Les patients eux-mêmes sont relativement mal informés et nombreux sont ceux qui pensent d’ailleurs qu’il n’existe aucun traitement alors qu’aujourd’hui le psoriasis comme le rhumatisme psoriasique peuvent être pris en charge.

Comment peut-on traiter le psoriasis justement ?


Dr. Lons-Danic :
Il faut savoir qu’environ 3% de la population est concernée par cette maladie et que parmi elle, 30% des patients ne sont pas suivis. Ces dernières années, de grands projets de recherche ont été menés afin de mieux comprendre la physiopathologie du psoriasis. Cela a permis de belles avancées avec, notamment, l’arrivée des premières biothérapies, il y a 10 ans. Ainsi, aujourd’hui, 4 traitements sont disponibles sur le marché et un cinquième (qui a reçu son AMM) sera bientôt mis à la disposition des patients. Les 20% de personnes qui souffrent de psoriasis « modérés » à « sévères » peuvent être traités par ces thérapeutiques. Pour ceux qui sont atteints de formes moins graves, des traitements sont aussi possibles comme les dermocorticoïdes ou la phototherapie uva (puva) ou uvb, qui doit être réalisée en milieu médical… Les émollients peuvent également être utiles.

Vous parliez d’idées reçues. Quelles sont les plus tenaces ?

R. Aubert : On a tendance à croire que le psoriasis est contagieux alors qu’il n’en n’est rien ! Ce n’est pas plus une maladie psychosomatique et il faut être très vigilant sur ces préjugés qui peuvent avoir des conséquences psychosociales très graves chez les patients, des discriminations à l’embauche par exemple…

Le psoriasis prend différentes formes : quelles sont les plus répandues ?


Dr. Lons-Danic :
Le psoriasis en plaques est le plus répandu et se manifeste, comme son nom l’indique, par l’apparition de plaques de tailles variables de un à plusieurs centimètres. Le psoriasis en goutte, lui, fait apparaître sur la peau de toutes petites plaques cette fois, pouvant aller de quelques millimètres à quelques centimètres ; il concerne surtout l’enfant et l’adulte jeune. Il y a aussi le psoriasis du cuir chevelu, celui dit des « plis » qui apparaît sous les bras et les seins, ou encore le psoriasis des ongles, très invalidant et particulièrement inesthétique.

Que dire à ceux qui en souffrent ?


R. Aubert : Le psoriasis se traite, il faut en parler, ne pas rester isolé, et bien s’informer. Notre association est là pour ça : www.francepsoriasis.org et notre permanence téléphonique également au 01 42 39 02 55.

A ne pas se traiter, prend-t-on des risques ?


Dr. Lons-Danic :
Il faut savoir que l’on associe la maladie à des risques de comorbidité cardiovasculaire, or sa prise en charge permet de diminuer l’inflammation chronique et permet aussi de réduire ce facteur de risques.

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