Grippe & vaccination : les seniors anxieux

Le 10 octobre 2017 - Par La rédaction avec l'AFP

La crainte d’effets secondaires et un manque présumé d’efficacité freinent la vaccination contre la grippe chez les 65-75 ans, montre une étude publiée ce mardi, qui appelle à lutter contre ces « fausses croyances » pour éviter des centaines de décès.

Moins de la moitié (45,9%) des personnes de cette tranche d’âge déclaraient s’être fait vacciner contre la grippe lors de l’hiver 2015-2016, note l’étude, publiée dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de l’agence Santé publique France, alors que la campagne de vaccination pour l’hiver prochain vient de débuter. Les plus de 65 ans représentent pourtant « une des populations les plus vulnérables face à la grippe saisonnière en termes de mortalité » et de complications graves, et la vaccination donc est particulièrement recommandée dans ce groupe de population, rappellent les auteurs.

Les effets secondaires en cause

« Certaines perceptions » du vaccin antigrippal « semblent pouvoir expliquer cette faible couverture », avancent-ils. Si 81,3% des 65-75 ans considèrent la grippe comme « grave », et 92,1% comme « fréquente », plus du tiers (35,7%) doute de l’efficacité du vaccin et près de la moitié (46,9%) pense qu’il peut provoquer des effets secondaires graves, selon des réponses recueillies dans le cadre du Baromètre santé 2016, une large enquête réalisée tous les ans par l’agence sanitaire. « La perception de l’efficacité du vaccin est le facteur qui influence le plus fortement le geste vaccinal : la probabilité de s’être fait vacciner est cinq fois plus importante chez les 65-75 ans déclarant que le vaccin est efficace », ajoutent les auteurs.

La perception de l’efficacité du vaccin est le facteur qui influence le plus fortement le geste vaccinal 

Le fait de considérer la grippe comme une maladie grave est là aussi « fortement lié au fait de s’être fait vacciner », tandis que ceux qui pensent que le vaccin peut provoquer des effets secondaires graves sont moins nombreux à y avoir recours. Ces résultats montrent que, pour augmenter la couverture vaccinale, « les campagnes d’information et de communication sur la grippe doivent continuer (…) à lutter contre les fausses croyances », estiment les chercheurs. La composition du vaccin est modifiée chaque année en fonction de l’évolution des souches du virus en circulation. Ces souches peuvent parfois muter entre le moment où le vaccin est conçu et l’arrivée effective de l’épidémie, ce qui diminue alors son efficacité.

2 000 décès évités grâce à la vaccination

Mais même avec une efficacité modérée, l’impact global sur la mortalité des personnes âgées reste sensible. Selon une étude publiée en 2015, portant sur la période 2000-2009, plus de 2.000 décès par an ont été évités grâce à la vaccination, avec une efficacité moyenne du vaccin chez les personnes âgées évaluée à 35%. Et une couverture vaccinale portée à 75% permettrait d’en éviter 3.000 supplémentaires, selon la même étude. Quant à son éventuelle dangerosité, le vaccin antigrippal est « considéré
comme sans danger par l’Organisation mondiale de la santé » et n’entraîne que « des effets indésirables classiques et bénins »: réactions locales au point d’injection, fièvre ou douleurs musculaires, soulignent les auteurs.

Le taux de vaccination contre la grippe des plus de 65 ans était encore de 63,9% en 2009-2010, mais il a chuté dans les années suivantes, après la campagne de vaccination controversée contre la pandémie de grippe H1N1 de 2009. L’an dernier, la grippe a été responsable d’environ 14.400 décès, selon les estimations de Santé publique France.

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