Fumer pendant la grossesse : l’ADN du foetus modifié ?

Le 19 mai 2016 - Par Manon Costantini

Fumer en étant enceinte, c’est exposer son foetus à la fumer de cigarette, c’est transmettre le tabac par le sang. Cette exposition nocive serait même à l’origine d’une modification de l’ADN du futur nouveau-né.

Une cigarette dangereuse pour la mère et l’enfant

Les autorités sanitaires ne le diront jamais assez : la cigarette est nocive, surtout chez les femmes enceintes ! Une étude internationale publiée dans la revue American Journal of Human Genetics le 31 mars dernier aux Etats-Unis est venue confirmer ce fait indéniable tout en apportant quelques précisions… En effet, fumer durant la grossesse pourrait modifier chimiquement l’ADN du foetus et même provoquer des effets néfastes durables sur l’enfant.

Des dégâts chez le foetus semblables à ceux observés chez le fumeur adulte

Plus de 6 600 femmes et leurs enfants dans le monde ont été observés pour les besoins de l’étude, qui représente d’ailleurs l’une des plus étendues jamais effectuées à ce jour sur le sujet. Celle-ci révèle donc que les modifications chimiques de l’ADN du foetus seraient semblables à celles qui sont déjà observées chez les fumeurs adultes. De plus, l’équipe de chercheurs a pu mettre en évidence de nouveaux gènes, responsables du développement de l’enfant, affectés par la présence de tabac dans l’organisme : « C’est assez étonnant de voir ces signaux épigénétiques chez les nouveaux-nés exposés au tabac dans l’utérus, activant les mêmes gènes que ceux d’un adulte fumeur », a indiqué le Dr Stephanie London, une épidémiologiste à l’Institut National américain des sciences de la santé environnementale (NIEHS), composante de l’Institut national de la Santé.

L’ADN modifiée à plus de 6 000 endroits

Grâce à un questionnaire, les femmes interrogées ont été classées par catégorie : les 13% de « persistantes »fumer-tue-le-foetus, c’est-à-dire les femmes qui ont fumé plusieurs cigarettes par jour durant quasiment toute la grossesse ; les 62% de non-fumeuses ; les 25% de fumeuses « occasionnelles », c’est-à-dire celles qui fumaient de temps en temps mais qui se sont arrêtées avant l’accouchement. Après avoir étudié les nombreux interrogatoires, les scientifiques ont alors prélevé des échantillons de sang dans le cordon ombilical après la naissance. Finalement, les scientifiques ont pu observer des modifications de l’ADN a près de 6 073 endroits chez les nouveau-nés de mères « fumeuses persistantes ». Il s’agit de la première recherche menée dans le cadre de l’association internationale PACE (International Pregnancy and Childhood Epigenetics) qui regroupe plusieurs grandes équipes de scientifiques pour étudier les effets de l’alcool, du poids de la mère ou encore de la pollution de l’air sur le foetus.

© iStockphoto

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