Contraception : les conseils du gynéco

Le 21 mars 2018 - Par Vanessa Bernard

C’est un fait, la pilule reste de loin, le mode contraceptif préféré des Françaises. Cela étant, ces dernières années, les femmes ont eu plutôt tendance à la délaisser. Pour autant, contre les grossesses non désirées, la contraception s’impose. Si le comprimé quotidien ne convient plus, il faut donc lui trouver une alternative.

Une femme sur 5 délaisse la pilule

Entre 2000 et 2010, on constatait déjà une certaine désaffection des femmes pour la contraception orale. Un recul qui s’est clairement accentué dès janvier 2013 au moment même de la polémique supiluler les pilules de 3e et 4e génération. Ainsi depuis cette date, une femme sur cinq a changé de moyen de contraception au profit d’autres méthodes comme le dispositif intra-utérin ou stérilet, le préservatif ou les méthodes naturelles… S’il est évident que la raison médicale a pesé lourd dans le changement, une grande partie n’était déjà pas satisfaite de son moyen de contraception. Ainsi, l’étude Fécond datant de 2013 constatait aussi que le recul de la pilule était plus marqué chez les femmes d’accord avec l’idée que cette dernière est contraignante (38% contre 6% pour celles qui pensent l’inverse) ou chez celles pensant qu’elle fait grossir.

Oser changer de contraception, ce n’est pas si simple

Contraception : comprendre et choisir

Mais les femmes peuvent désirer changer de contraception pour différentes raisons. Et elles ont tout à fait le droit ! Parmi les principaux moteurs du changement, on retiendra, notamment, l’évolution de la situation affective ou du mode de vie, la nécessité médicale, la lassitude de certains effets secondaires ou tout simplement le besoin de gagner en simplicité. Seulement voilà, oser changer de contraception, ce n’est pas si simple. Les femmes peuvent avoir des freins réels comme la méconnaissance de l’offre contraceptive, la crainte des effets secondaires, la peur de changer ses habitudes… Résultat : elles y pensent, repensent mais finalement conservent un moyen contraceptif qui ne leur convient pas faute de trouver les réponses ou le soutien nécessaires.

Une solution efficace existe

Pourtant en passant le cap du changement, elles peuvent trouver la solution efficace qui leur conviendra. La première étape est donc le dialogue avec un professionnel de santé afin de connaître les différents moyens de contraception existants, de comprendre les bénéfices d’un changement de contraceptif mais aussi de répondre aux éventuelles inquiétudes sur les effets indésirables tant redoutés. Qu’il soit médecin, sage-femme, gynécologue ou encore pharmacien, ce professionnel reste le meilleur interlocuteur pour engager une discussion.

 

3 questions au Dr Georges Lévy, gynécologue, obstétricien à Paris

Pourquoi la contraception est-elle si importante ? 

Il y a chaque année 200 000 IVG qui sont pratiquées en France. C’est trop : il faut diminuer cela. C’est pourquoi il est nécessaire d’agir en amont en mettant fin aux tabous et préjugés des jeunes femmes sur le sujet de la contraception. Ainsi, le rôle du médecin est de discuter avec ses patientes afin de comprendre, en fonction de leur mode de vie et de leurs attentes, quelle est la méthode qui leur convient. Un choix n’est pas irréversible, d’ailleurs. On peut commencer par la contraception orale et décider, plus tard, de se faire poser un stérilet.

Un choix n’est pas irréversible, d’ailleurs. On peut commencer par la contraception orale et décider, plus tard, de se faire poser un stérilet

La pilule reste encore la méthode la plus plébiscitée…

En effet, depuis les années 70, la pilule est le mode de contraception préféré des Françaises. Pour autant, celle-ci a subi une certaine diabolisation du fait notamment de tout le débat autour des pilules de 3e génération. Cela a contribué à créer de nouveaux tabous et préjugés autour de cette méthode… Pour ma part, je considère que cette « publicité » ne trouve pas de réelle justification ! Je rappellerai simplement que quelle que soit la pilule, les risques encourus sont les mêmes, puisque les contre-indications n’ont jamais changé. La pilule n’est pas conseillée aux fumeuses ou à celles qui sont atteintes de maladies veineuses, par exemple…

Stérilet : une méthode fiable, approuvée, et accessible à toutes les femmes même celles qui n’ont jamais eu d’enfants !

Vous parliez de stérilet. Quelles sont les femmes concernées ? 

Toutes ! La méthode est fiable, approuvée, et accessible à toutes les femmes même celles qui n’ont jamais eu d’enfants ! Il faut sortir des idées reçues et avoir aussi conscience qu’à chaque femme correspond une contraception adaptée et que chaque mode contraceptif peut avoir des contre-indications. Le stérilet, par exemple, ne sera pas conseillé a une femme ayant eu une grossesse extra utérine, qui a une malformation de l’utérus, qui connaît des règles hémorragiques… En discutant sans tabou avec son gynécologue, on trouve finalement toujours la contraception qui va bien !

 

Chiffres clés

  • En France, plus de 9 femmes sur 10 ne souhaitant pas avoir d’enfant utilisent une méthode contraceptive
  • 1 femme sur 2 ne souhaitant pas avoir d’enfant prend la pilule (3 sur 4 chez les 20-24 ans)
  •  Parmi les grossesses non prévues, 2 sur 3 surviennent chez des femmes utilisant une contraception
  • 56% des femmes utilisant une contraception prennent la pilule (83% chez les 20-24 ans)
  • Mais seulement 34 % des femmes prenant la pilule disent ne jamais l’oublier
  • 23 % des femmes qui ont une IVG prenaient la pilule

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