Cécile, 34 ans (75) :  » J’ai eu recours au don d’ovocytes en Espagne « 

Le 28 juin 2017 - Par Manon Costantini

Temps d’attente trop long, manque d’informations : dans l’Hexagone, le don d’ovocyte est peu répandu car non assez valorisé. Seuls 200 enfants naissent chaque année de ces dons selon l’agence de la Biomédecine. Le protocole français complique réellement les choses selon Cécile, qui a aujourd’hui un « enfant-gamète » de 2 ans.

Mon conjoint et moi avons eu un enfant grâce a un don d’ovocyte il y a presque 3 ans, en Espagne. Les choses avaient mal débuté car nous avions commencé à nous renseigner en France. Mais nous nous sommes rapidement rendus compte que le protocole français compliquait considérablement les choses, les rendait même quasi impossibles. Tout a commencé lorsque nous essayions d’avoir un enfant. J’ai fait une fausse-couche et là, sans le savoir, nous nous sommes embarqués dans un engrenage compliqué. Dès le départ, on ne nous prenait pas tellement au sérieux. J’ai donc changé de nombreuses fois de gynécologues.

J’avais 30 ans à cette époque là. J’étais trop jeune selon eux, donc pas prioritaire sur la liste d’attente

Quand certains s’inquiètent et demandent des analyses, d’autres considèrent qu’il n’y a pas lieu de se faire du souci. Finalement, on m’a diagnostiqué des déficiences au niveau des chromosomes et dirigé vers l’hôpital. J’ai attendu près de 6 mois avant d’avoir mon premier rendez-vous qui, finalement, a été très basique puisque l’on m’a refait les mêmes analyses que celles que m’avait conseillées m’a gynécologue. Il m’a fallu encore 6 autres mois d’attente pour obtenir un second rendez-vous. On m’a finalement proposé une fécondation in-vitro avec tri d’embryons. Mon mari et moi avons soumis notre cas avec toutes les analyses. Notre dossier a été refusé car jugé trop compliqué. La dernière option était donc le don d’ovocytes. J’avais 30 ans à cette époque là. J’étais trop jeune selon eux, donc pas prioritaire sur la liste d’attente. On a vécu notre première grande traversée du désert : de mémoire, on nous avait parlé de 5 ans d’attente environ. Pour remonter dans la liste, il nous fallait trouver une donneuse nous-même, tout en sachant que l’on ne peut pas donner ni recevoir de quelqu’un que l’on connaît.

Finalement, les spécialistes nous ont conseillé l’adoption

Finalement, les spécialistes nous ont conseillé l’adoption. J’ai lu de nombreuses choses sur internet, me suis renseignée sur des tas de forums et c’est à ce moment là que nous nous sommes tournés vers l’Espagne. Le corps médical, qui ne nous en avait même pas touché un mot, s’est montré méfiant lorsque l’on a abordé le sujet. C’était le dernier recours, nous nous sommes alors rendus dans une clinique à Barcelone. Nous avons eu un premier rendez-vous. Le spécialiste nous a expliqué la procédure, : nous avons très bien renseignés. 2 à 3 mois après, nous avons eu notre donneuse, mon mari a alors fait un don de sperme et nous sommes rentrés à Paris. J’ai commencé le traitement quasiment immédiatement. J’ai finalement eu recours à la fécondation in vitro, et peu de temps après, on m’a implanté deux embryons sur huit, j’ai alors congelé les six autres.

 Le seul souci, la petite part d’ombre, c’est que mon fils n’a pas mes antécédents médicaux

Nous avons été bien guidés, bien informés et la sécurité sociale a pris en charge près de 40% des frais. L’avantage, c’est que trois fécondations in vitro sont prises en charge et, comme j’ai procédé à la congélation de six embryons, je pourrais refaire un enfant sans avoir recours au don. de nouveau. Le traitement est assez lourd, il y a un calendrier très stricte à suivre, des hormones à prendre, des piqûres à faire mais la grossesse s’est très bien passée et mon enfant est en très bonne santé. De plus, il me ressemble beaucoup ! Le seul souci, la petite part d’ombre, c’est que mon fils n’a pas mes antécédents médicaux. En Espagne, la clinique est très stricte : la donneuse doit faire part de ses antécédents et de son état de santé, c’est très bien encadré mais il reste certaines inconnues liées à la génétique, impossibles à prédire. Pour autant, mon fils grandit bien et je suis une maman comblée !

  • samrose

    J’ai eu recours au don d’ovocytes. J’attendais en France puis au bout de 2 ans j’ai réuni les fonds et suis partie en Ukraine. Grande chance pour nous, 9 mois après arrivaient nos deux jumeaux. Je n’ai pas l’intention de cacher à mes enfants comment ils sont arrivés. Mais je ne vais pas non plus leurs raconter le parcours du combattant que nous avons traversé, les espoirs et les désespoirs. Merci à toutes celles qui donnent leurs ovocytes et offrent la vie généreusement. C’est une démarche difficile et je trouve qu’elle devrait être « récompensée ».

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