Alcool : pas plus de dix verres par semaine

Le 9 mai 2017 - Par La Rédaction avec l'AFP

Dix verres d’alcool maximum par semaine et pas plus de deux par jour, pour les hommes comme les femmes : voilà la recommandation d’un groupe d’experts indépendants qui vient de rendre ses conclusions à l’agence nationale Santé publique France et l’Institut national du cancer.

Les textes actuels recommandent de ne pas dépasser deux verres d’alcool par jour pour les femmes et trois pour les hommes (2 verres de vin de 10 cl sont équivalents à 2 demis de bière ou 6 cl d’alcool fort). Le rapport d’experts, consultable ce vendredi sur le site www.santepubliquefrance.fr, conseille de ne pas consommer d’alcool tous les jours et, pour les femmes enceintes, les jeunes et les adolescents, de ne pas en consommer du tout. En outre, il juge insuffisant l’avertissement actuel « L’abus d’alcool est dangereux sur la santé », qu’il voudrait remplacer par « Toute consommation d’alcool comporte des risques pour votre santé ».

Un discours jugé contradictoire

Les huit experts (épidémiologistes, addictologues…) en profitent aussi pour pointer un « double discours public contradictoire » : l’un « souligne le besoin de réduire la consommation d’alcool (…); un autre, guidé par le poids économique de l’alcool, promeut un patrimoine culturel ». Ils préconisent donc de « mieux estimer les dépenses et les recettes publiques générées par la consommation d’alcool »: « L’acceptation collective d’un niveau de risque ou de dommages lié à la consommation d’alcool permettrait de réconcilier les deux discours. »

«L’alcool cause 49.000 morts par an (13% de la mortalité pour les hommes et 5% pour les femmes. »

Les recommandations des experts

C’est pour cela que les auteurs du rapport recommandent de modifier le système de taxation : actuellement fixées selon le type de boisson (de 0,003 euro par verre pour le vin à 0,14 pour les spiritueux), les taxes devraient plutôt être proportionnelles à la quantité d’alcool. Ce rapport a été commandé par Santé publique France et l’Institut national du cancer après leur saisine en juin 2016 par la Direction générale de la santé (DGS) et la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca). Auparavant, la Cour des comptes avait publié un rapport sévère sur les faiblesses de la politique de lutte contre l’alcool en France. Elle estimait le poids économique du secteur des boissons alcoolisées à 22 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Responsable de maladies chroniques comme la cirrhose, certains cancers et certaines maladies cardiovasculaires, l’alcool cause 49.000 morts par an (13% de la mortalité pour les hommes et 5% pour les femmes).

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